‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 78 sur 253 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Tous les prétextes étaient bons et saisis avec empressement pour dépouiller les prolestants du peu d'autorité qu'on leur avait laissée. Le sieur Patris, second consul, assista en chaperon à l'inhumation, qui avait été permise. Il avait tort, je le veux bien, mais sa faute était personnelle et ne devait retomber que sur lui seul. On la fit tomber sur son parti , et ce fut là un des motifs que l'on allégua pour évincer les protestants du consulat. Le fait est qu'on ne voulait pas qu'en l'absence du premier consul, le second, qui était protestant, portât la baguette, et qu'il figurât à ce litre dans l'assemblée des États de la province. Cependant cène fui encore là, en 1628, qu'une mesure de circonstance. Après bien des tiraillements et des ruses , on la rendit définitive plus tard.

Les événements avaient merveilleusement secondé l'activité incessante de l'évéque Fenouillet, au sujet de l'enseignement. Déjà, en avril 1613, il avait obtenu de Louis XIII des lettres-patentes qui le déclaraient chef de l'université, avec pouvoir de la régler et réformer, d'en nommer les professeurs et de conférer les grades;

la ville et citadelle de Montpellier, le mercredi matin, 19 janvier 1U28, imprimée à Aix par Estienne David. )

D'Aigrefeuille , qui ne mentionne pas tous ces noms, en cite qui ne sont pas compris dans la liste précédente ; entre autres, Verchand. D'après lui, Brétigny et son frère qu'il appelle Crousilles , figurent parmi les morts , et deux Ginestous , Turc et La Farelle sont au nombre des prisonniers.

mais ces ordonnances avaient rencontré une vive opposition de la part des autorités consulaires, et il faut dire aussi que ces lettres-patentes devaient recevoir la sanction du parlement de Toulouse, qui, avant d'entrer pleinement dans la pensée royale, éleva bien des difficultés. D'abord, il n'enregistra ces lettres- patentes que le 1 6 juillet 1GÎ5 , et décida qu'à l'évêque il appartenait bien de régler et de réformer le collège des lettres humaines et de philosophie , d'en instituer et destituer les régents et les professeurs , mais avec l'assistance des consuls. Ces concessions n'étaient pas encore suffisantes, au gré de Fenouillet. La petite part laissée aux consuls lui portait ombrage , et il n'eut point de repos jusqu'à ce qu'il en fût débarrassé. C'était évidemment un séminaire qu'il voulait faire de l'Académie. Il y parvint avec le secours des événements. Tout ce que le consulat perdit d'autorité pendant la guerre et par suite des tiraillements qui suivirent le siège et la capitulation de Montpellier, tourna au profit de l'évêque. Enfin, en 1628, lorsque le consulat était tout catholique , il fit prévaloir un règlement qui imposait aux professeurs l'obligation d'assister chaque jour à la messe dans la chapelle ds l'établissement. Les maîtres et les élèves doivent progresser autant dans la piété que dans la science. A dater de ce moment, l'enseignement était passé dans les mains des Jésuites , et les protestants en étaient définitivement écartés.

On eut à Montpellier, vers la fin de 1 628, un spec-

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