CHAPITRE II
tente , et décida qu'elle s'occuperait de cette atl'aire sans désemparer. Après cette décision , Dumont refusa de comparaître et quitta la ville de Nimes, où le synode était réuni. Trois assignations furent portées à son domicile, et, sur son refus obstiné, la compagnie rendit le jugement que voici :
«Le synode du Bas-Languedoc, assemblé en la ville de Nimes , procédant au jugement du sieur Etienne Crussol-Dumont, natif du Puy-l'Évêque, en Agenois, ministre preste pour un an à l'Église de Montpellier, après avoir ouï le rapport des commissaires nommés pour informer contre lui, etmûrement examiné tous les actes et procédures réunis par les sus dits commissaires; ouïs encore les députés de l'Église de Montpellier, en l'absence du dit sieur Dumont, qui n'a daigné comparaître lors du jugement définitif, quoique duement cité, adéclaréle dit sieur Dumont atteint et convaincu de parjure , de désertion, de rébellion aux ordres et compagnies ecclésiastiques , et de diverses hérésies , et, comme tel, au nom et en l'autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, il l'a déposé du saint Ministère, lui défendant d'en exercer les fonctions et de participer au saint sacrement de la Cène ; défendant aussi ledit synode à toutes les Églises de cette province, et en particulier au consistoire de la dite Église de Montpellier, de le reconnaître pour ministre, l'admettre à la participation de la sainte Cène, à peine de déposition contre les ministres et anciens, et de suspension publique de la sainte Cène contre les particuliers; per-
met le dit synode à la dite Église de Montpellier de se pourvoir d'un minisire, tant seulement dedans ou dehors la province, pour remplir la place qui était occupée par le dit sieur Dumont, à condition qu'avant que d'appeler le dit ministre , elle aura l'ar-rément des consistoires de Nimes, d'Uzès et de Béziers, sur la désignalion qu'elle leur en fera, et sans que cette permission de se pourvoir hors de la province puisse tirer à conséquence pour les autres Églises, ni même pour la dile Église de Montpellier. »
Afin de procéder h la signification de ce jugement, la compagnie délégua Brun fils et Lombard, ministres, et Poncet, ancien. Ils se trouvèrent à Montpellier, un jour de dimanche. Le pasteur Lombard, de Lussan, y fit la prédication de l'après-midi, et lut du haut de la chaire le jugement que nous venons de transcrire. Cela fait, les députés le firent enregistrer dans le livre du consistoire, et se retirèrent.
D. Hurtautz commença ses fonctions pastorales à cette époque, et les remplit pendant sept ans.
Nous avons déjà parlé de cette méthode, adoptée par le Pouvoir, en vertu de laquelle tous les temples qui se trouvaient sur le territoire français devaient disparaître l'un après l'autre, sans aucun débordement de violence. C'était la haine cachée sous une apparence trompeuse de légalité.
Au milieu de la multitude des édits qui avaient été rendus, parmi cette foule de considérations arbitraires