‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 87 sur 253 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

et la conférence (le Nérac mettaient leur droit hors de doute. Ces raisons étaient përemptoires; et néanmoins, sans prendre la peine de leur répondre, et par conséquent en renonçant même à l'apparence de la justice, «ordonne Sa Majesté que le temple des prétendus réformés sera par eux démoli dans le délai de deux mois après la signification qui leur sera faite du présent arrêt, sinon et le dit temps passé, permet Sa Majesté au syndic du clergé du dit diocèse de Montpellier de faire procéder à la dite démolition» , et, dans ce cas, les matériaux , ainsi que l'emplacement, serviront à payer les ouvriers, la plus-value seulement fera retour aux protestants.

Ainsi finit le petit temple, après soixante-quatre ans d'existence. En le condamnant sans aucune espèce de droit et par un acte de despotisme, Louis XIV autorisait les protestants à faire agrandir celui qui leur restait encore. Ce second temple ne tarda cependant pas à partager le sort du premier.

Quatre ans après la démolition du petit temple, on voyait, à la place même qu'il avait occupée, une croix portant une inscription que les protestants regardaient comme injurieuse. Plainte fut portée devant le synode réuni a Nimes, le 18 avril 1674, et la compagnie décida qu'il en serait écrit à M, de Castries et à M. l'Intendant. On s'adressa aussi h M. de Ruvigny, député-général, et à Loride Desgalesnières, avocat au conseil, qui était le défenseur habituel des droits des protestants.

Le Pouvoir ne s'arrêta pas dans la marche hypocritement légale que nous avons indiquée, et des édits non moins injustes vinrent chaque jour s'ajouter aux précédents. La guerre continua contre les ministres et contre les temples.

Tout cela ne s'accomplissait pas sans que les protestants eussent un vif sentiment de la manière inique dont ils étaient traités. Nous le disons avec orgueil, ils ne manquèrent pas aux devoirs d'une position si difficile. En demeurant dans le respect qu'ils devaient à la couronne , il surent montrer qu'il y avait des droits auxquels ils tenaient plus qu'à leur fortune et qu'à leur vie. Un synode, assemblé à Uzès le 22 octobre 1681, fît une énumération énergique des griefs dont ils avaient à se plaindre, et décida que toutes ces plaintes seraient portées au pied du trône. Nous citons ici un fragment étendu du procès-verbal de ce synode ; de telles pièces ne doivent pas rester dans l'oubli :

« La compagnie, considérant le desplorable estât où sont réduites nos Églises par tant d'édits, déclarations et arrêts qui ont été rendus depuis peu contre nous et par les autres voyes qu'on met tous les jours en usage pour nous destruire ; voyant nos exercices interdits, les chambres mi-parties de l'édit suprimées, ceux de notre religion exclus des consulats, des offices de judicature et de finances, et même de ceux de procureur, greffier, notaire, et privés des moindres emplois dans les fermes ; nos artisans exclus des arts et des métiers et réduits à la dure nécessité de changer

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