‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 89 sur 253 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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étaient si maltraités, que les sujets se présentaient en foule pour le service des autels. L'étude des procèsverbaux des synodes de l'époque met ce fait hors de doute. Plusieurs jeunes gens demandèrent à être examinés dans le synode d'Uzès. De ce nombre étaient Isaac Tandon et Isaac Pons, de Montpellier. Deux ans auparavant, notre Église en avait aussi fourni deux autres, les sieurs Robert et François Duval.

Que produisit la démarche du synode d'Uzès, et quel fut l'effet de ses énergiques représentations? Nous manquons de détails à cet égard, mais il est malheureusement bien connu que les hostilités ne furent pas interrompues.

Les édils et déclarations étaient de (elle sorte, qu'on pouvait facilement y trouver des motifs légaux de dépouiller les communautés protestantes de tout ce qu'elles possédaient : biens, lieux de culte, écoles et pasteurs.

Un procès s'engagea entre les administrateurs de l'Hôpital-Général de Montpellier, et les membres du Consistoire de la môme ville ' . Les premiers, s'appuyant

1 A cette époque, le Consistoire était composé de MM. Dubourdieu père, Bertheau père, Gautier, Dubourdieu fds et BertJieau fils, ministres; de Saint-Félix, Durant, Bossel, Farjon, Barbairac, Magnol , Doulmet, Truste? Ducros, Gelli, Lausque? Eustacbe, Couve et Lacroix, anciens.

Les noms suivis d'un point d'interrogation sont mal écrits dans le manuscrit; nous n'en garantissons pas l'exacte reproduction.

sur des lettres-patentes données en juin 1G78, réclamaient les biens légués aux pauvres de la communion réformée. Le Consistoire, se fondant au contraire sur les articles 42 et 43 de l'Édit de Nantes, soutenait qu'il était permis aux sujets de Sa Majesté faisant profession de la religion prétendue réformée, de faire des legs et donations pour l'entretien des pauvres et l'éducation des ministres. L'affaire fut portée devant le parlement de Toulouse, qui , par un arrêt rendu le du 12 décembre 1681, décida la question en faveur de l'Hôpital-Gënëral.

Que pouvait faire le Consistoire après un semblable jugement ? Il n'avait qu'à se soumettre ; mais la soumission n'était pas facile. Pour cela, en effet, il ne suffisait pas d'abandonner tout ce que l'on possédait, il fallait aussi rendre compte de tout ce que l'on avait géré et aliéné pendant les dernières années. Les adversaires du Consistoire partaient sans cesse de cette supposition que, en prévision d'une confiscation probable d'après la marche des affaires, le Consistoire avait cherché à convertir en argent plusieurs de ses immeubles.

L'exécution du jugement de Toulouse rendait donc nécessaire une transaction entre l'Hôpital-Gënëral et le Consistoire. On s'en occupa dans une assemblée tenue le jeudi, dernier avril 1682, où les deux parties furent représentées par des délégués régulièrement institués.

L'affaire était bien claire pour les protestants : ils devaient être dépouillés de tout ce qu'on parviendrait

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