‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 90 sur 253 · CHAPITRE II 22ri · texte numérisé non relu

CHAPITRE II 22ri

à découvrir entre leurs mains. Mais qui profiterait de cette spoliation, assez considérable pour exciter de nombreuses convoitises? Quand les Cordeliers virent que l'hôpital allait jouir de ces valeurs, l'idée leur vint qu'ils pourraient bien , eux aussi , avoir des droits à faire valoir sur une partie. N'y avait-il pas un édit qui permettait aux congrégations de réclamer ce qui leur avait appartenu, et le cimetière des protestants, régulièrement acquis de leur argent, il est vrai, n'était- il pas à côté de leur église et comme enfermé dans leur enclos? Serait-il impossible d'établir qu'il avait dû en faire partie autrefois? D'ailleurs, les protestants n'avaient-ils pas causé des préjudices notables aux Cordeliers? A ces divers titres, n'y a-t-il pas des droits à faire valoir? Plusieurs fois, l'affaire fut décidée contradictoirement. Tantôt les Cordeliers avaient gain de cause, tantôt c'était l'Hôpital-Général. Finalement, l'affaire se termina, en 1683, par une transaction amiable. Moyennant une somme de 1 050 livres que l'hôpital dut compter aux Cordeliers, ceux-ci renoncèrent à tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur le cimetière , et il fut. expressément convenu que cette somme serait employée à des constructions de bâtiments dans le couvent des religieux de l'Observance ; à tel point que l'hôpital ne payait que sur le vu des comptes des maçons.

0 vicissitudes humaines ! ce terrain que les Cordeliers accusaient les prolestants de leur avoir enlevé, et qui servit longtemps de lieu d'inhumation aux enfants de la Réforme, après avoir éié la propriété del'Hôpital-

Générale!, être passé par bien îles mains, est revenu au Consistoire, et c'est sur une partie de son sol que le nouveau temple projeté doit être construit!

L'Hôpital-Général est donc bien incontestablement substitué au Consistoire. Son affaire est d'effectuer soigneusement la rentrée de toutes les sommes qu'il pourra découvrir, de tirer de cette mine tout ce qu'elle contient. Les immeubles sont au soleil, l'œil les voit; mais les capitaux , il n'est pas impossible de les cacher. Pour les chercher avec plus de chances de les trouver, l'administration de l'hôpital crut devoir s'adresser à un nommé Jalaguier, dont il fit son agent. Ce Jalaguier avait été le dernier syndic de ceux de la religion prétendue réformée. Tous leurs titres lui étaient connus, beaucoup même étaient entre ses mains, et il s'en servit pour enrichir l'hôpital et s'enrichir luimême. On lui promit de le gratifier du cinquième, sur les petites sommes qu'il parviendrait à faire rentrer; on ne lui passait que le dixième sur les moyennes; enfin, quand il s'agirait d'une valeur de 400 livres et audessus, le vingtième seulement lui serait alloué. On pourra se faire une idée de la valeur des biens consistoriaux, par les états authentiques que l'on trouvera aux Pièces justificatives. Au dire de Jalaguier, il restait encore à recouvrer, en dehors de ces inventaires , 8,028 livres 1 5 sols 2 deniers.

La place devait être lucrative , Jalaguier ne fut pas enrichi; infirme et pauvre, il réclamait plus tard l'accomplissement des promesses qu'on lui avait faites, et

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