‹ Histoire de l'Église réformée de MontpellierChapitre 92 sur 253 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

mission que vous exécutez maintenant au milieu de nous, comme étant émanée de l'autorité souveraine... Sa Majesté trouvera toujours bon qu'en lui rendant religieusement ce qui lui est dû , nous réservions à l'adorable Majesté du Roi des rois ce que nous croyons lui appartenir. Ainsi , nous serons également fidèles à César et à Dieu , distinguant leurs droits sans les confondre, mais aussi en même temps les unissant parfaitement sans les diviser.

» Dans cette liberté que Dieu, le roi et nos consciences nous donnent, nous vous dirons naïvement , Monseigneur, que notre dessein est de vivre et de mourir dans notre foi, et que l'avertissement de Messieurs du clergé de France qu'on vient de nous signifier aujourd'hui , mais qui est public il y a longtemps, ne nous fait point changer de résolution. Nous n'y trouvons rien qui nous persuade, et nous avons été fort surpris d'y rencontrer des invitations qui ne nous paraissent soutenues d'aucune raison , des reproches et des noms injurieux que nous ne croyons pas avoir mérités, et des menaces qui nous semblent plus propres à elrayer qu'à instruire. »

Après que Dubosc eut terminé sa harangue à l'intendant, M. le grand-pénitencier fit son discours, et M. l'official lut l'avertissement en latin et en français. Dubosc prononça encore ce peu de paroles :

«•Monseigneur, après le discours et la lecture qu'on vient d'entendre , nous n'ajouterons rien , sinon que nous avons écoulé l'un et l'autre par le respect que

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nous devons aux ordres du roi, sans reconnaître néanmoins dans Messieurs du clergé aucun droit de juridiction sur nous. »

La ruine du grand temple de Montpellier était décidée, comme celle de tous les autres; il ne manquait plus qu'un prétexte, et l'on crut l'avoir trouvé dans cette circonstance que, Montpellier étant une ville épiscopale, le culte protestant n'y devait pas être célébré. C'était là ce que demandaient les trois États de la province de Languedoc. Par un arrêt du Conseil, en date du 18 septembre 1682, le roi ordonna que ceux delà religion prétendue réformée seraient tenus, dans les trois mois qui suivraient le jour de la signification de l'arrêt, de prouver par titres en forme probante et authentique que l'exercice de ladite religion avait été fait à Montpellier en 1577; autrement, et faute de ce faire, Sa Majesté pourvoirait ainsi qu'il appartiendrait. Les preuves durent paraître suffisantes , car le temple échappa pour cette fois au danger qui le menaçait ; mais ce ne fut , hélas ! que pour tomber dans un*autre.

Guillaume Paulet , autrefois ministre dans diverses Églises, maintenant conseillerai! sénéchal, après son abjuration, avait eu quatre garçons et deux filles de sa femme Madeleine Daniel. L'ainée de ces filles se fit catholique , à l'exemple de son père; la plus jeune, Isabeau, persévéra dans le culte de sa mère. Jusqu'au 20 avril 1G74, le père ne paraît pas y avoir mis opposition; mais, à celte époque, pressé sans doute par

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