CHAPITRE I
>45 remplissait aussi l'emploi de lieutenant général en Provence en l'absence du comte de Grignan, fit commettre par ses troupes des atrocités telles que la conscience publique en fut soulevée et réclama à grands cris le châtiment des bourreaux. Le souvenir en poursuivit François I^r lui-même comme ua remords, pendant le reste de sa vie, qui ne se prolongea que de deux ans encore , puisque lorsqu'il mourut le 31 mars 1547 , il fit promettre à son fils de punir les auteurs d'un acte qui avait souillé son règne.
549 Henri II avait vingt-neuf ans lorsqu'il monta sur le trône. « Sous son règne, dit Jean de Serres, deux grands péchés se glissèrent en France, à savoir : l'athéisme et la magie. » Le premier édit qu'il rendit dans le but d'extirper l'hérésie , et sous l'influence du connétable de Montmorency qui le domina pendant toute sa vie , défendit d'imprimer et de vendre aucun livre concernant l'Ecriture- Sainte, s'il n'avait été vu et examiné par la Faculté de théologie. Marguerite, reine de Navarre, qui pendant de longues années avait soutenu les doctrines et les défenseurs de la Réformation contre les colères du clergé et les persécutions de la magistrature , ne put , par son crédit auprès de son neveu , atténuer encore les rigueurs de cette ordonnance, puisqu'elle mourut à Odos-en-Bigorre le 2 décembre 1549.
«550 L'année suivante, Charles de Guise, cardinal de
iO HISTOIRE DE l'ÉGLISE RÉFORMÉE DE NIMES.
Lorraine, chargé de négocier au nom du roi avec <850 les protestants de l'Allemagne, ligués contre Tempereur Charles V, commença à fonder Tillustration de sa maison sur rabaissement du pouvoir royal, par l'organisation de la Ligue , et sur l'extermination de l'hérésie par l'établissement du tribunal de l'inquisition.
Les premières rigueurs de cette dernière juridiction s'exercèrent à Nîmes sur Maurice Secenat, natif de Saint-Saturnin dans les Cévennes , ancien prêtre converti aux doctrines évangéliques , qui , en 1551 , fut brûlé vif sur la place de la Salaman- issi dre. Et ce qu'il y a d'inconcevable , c'est que le roi, qui en déclarant la guerre à l'empereur Charles V , de concert avec l'électeur Maurice de Saxe et les autres princes protestants d'Allemagne , se proposait de venger les hérétiques étrangers de l'oppression d'un souverain catholique, ordonna dans un lit de justice, tenu le 12 février 1552, à 1552 son parlement de Paris, de redoubler de sévérité à rencontre des hérétiques français.
Dès ce moment, les poursuites redoublèrent partout contre les prédicants ; l'on en saisit à Nîmes , à Bagnols et ailleurs. De ce nombre se trouva Pierre de la Vau , natif de Pontillac , près de Toulouse, a II était, dit Crespin , cordonnier de son métier , mais , au reste , fervent en la Parole de Dieu et bien instruit en elle. » Pris en flagrant délit, lorsqu'il prêchait l'Evangile monté sur une borne de la place de la Couronne , il fut immédiatement traduit en jugement et condamné au der-' nier supplice le 8 octobre 1554. ^^-^