‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 100 sur 227 · CHAPITRE XIII. 2i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. 2i

<657 autorité sur eux pour les réconcilier à l'instant , puisqu'elle ne les laissa pas sortir avant qu'ils se fussent embrassés , après s'être promis de vivre en paix et en bonne amitié.

L'affaire ne fut pas cependant terminée là, puisqu'un docteur en médecine, nommé Jean Bon, la reprit , et vint déclarer au consistoire qu'ayant une connaissance particulière des erreurs et des hérésies que de Rodon enseignait à la jeunesse , il offrait de les rendre évidentes à tous les yeux par le double témoignage de ses écrits et de ses auditeurs. La compagnie lui donna trois jours pour remettre au secrétaire son accusation écrite et signée de sa main , après quoi elle nomma quatre commissaires pour l'examiner et en faire rapport.

Le docteur Bon administra ses preuves et fit entendre ses témoins; mais l'accusé soutint que les cahiers présentés étaient faux , puisqu'ils n'avaient pas été dictés par lui, et demanda une confrontation avec ceux qui les avaient rédigés. Pendant que les commissaires se livraient à une enquête minutieuse, les esprits s'échauffèrent de part et d'autre; car, d'un côté, quatre écoliers en philosophie injurièrent deux d'entre eux jusqu'à user de menaces contre leurs personnes , et , de l'autre , le docteur Bon , craignant une injustice de leur part, se retira à Montpellier, où il fit imprimer un libelle diffamatoire , contenant plusieurs faussetés , calomnies et injures, contre les membres du consistoire en général , et contre de Rodon en particuUer , qu'il nomma dérisoirement : « professeur en philosophie au collège de Nîmes de messieurs de la religion. »

230 HISTOIRE DE l'ÉGLISE RÉFORMÉE DE NUES.

La procédure changea dès ce moment de face , ^^^'^ puisque l'accusateur devint lui-même l'accusé. Le consistoire, en effet, dans sa séance du 3 décembre , ordonna que le factum serait lacéré , le docteur Bon grièvement censuré, suspendu, avec nomination publique , de la participation à la sainte cène, pour l'avoir composé et publié. Quant aux quatre écoliers rebelles et audacieux, comme ils reconnurent leurs torts et en demandèrent pardon, ils furent paternellement exhortés à se mieux conduire à l'avenir , à avoir du respect pour le consistoire et ses pasteurs , et à vivre en paix dans la crainte de Dieu.

A cette agitation intérieure en succéda une autre 4658 qui fut commune à tous les habitants; elle fut suscitée dans le conseil général de la ville , entre le parti de la grande croix attaché à l'évêque , et celui de la petite croix qui lui était opposé ; le jour fixé pour l'élection des consuls, chacun d'eux en élut quatre séparément. Ceux nommés par le parti attaché à Cohon furent confirmés par le conseil , et ceux du parti contraire par le parlement de Toulouse. Le roi, appelé à remédier à ce conflit, sanctionna l'arrêt du conseil; mais quand, le 4 ^«"janvier 4658, il fallut installer les consuls préférés (1), il y eut une émeute si violente , que trois personnes y

(1) Ils se nommaient Alexandre Bniéis, Jacques Deiron, Aimé Bauzon et Antoine Dodon.

Page 1