‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 99 sur 227 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

1664 réformée , devaient appartenir de droit à Thôpital qui leur était affecté. Le roi fit défense à Févêque et aux consuls catholiques de mettre aucun empêchement à l'exécution de sa volonté , sous peine de 3,000 livres d'amende.

1655 Par suite.de cette ordonnance, le second et quatrième consuls (1) achetèrent, en qualité de syndics de leurs coreligionnaires, le 22 octobre 1655, une maison et jardin situés au faubourg Saint- Antoine , rue Carreterie , vis-à-vis de l'hôpital . vieux, pour la somme de 5,000 livres. Les réparations commencèrent , le local fut approprié et agrandr ; on y construisit une glacière, un moulin à soie , pour servir à l'apprentissage des enfants illégitimes, et trente-six lits , avec les autres meubles , nécessaires aux infirmiers et aux vingt-cinq malades des deux sexes qui purent y être reçus.

A ces détails , contenus dans le registre de l'établissement qui se trouve dans les archives du consistoire , est ajouté un trait de générosité , dont le souvenir ne doit pas être perdu. Samuel Guiraud, apothicaire, se chargea de fournir à tous les malades , pendant l'espace de quatre années , tous les remèdes prescrits par les ordonnances du méde^ cin, pour la somme de 150 livres par an. Mais, au lieu de garder cet argent pour lui-même , il s'engagea, de son plein gré, à rembourser au bout des quatre ans la somme de 600 livres qu'il aurait re-

(1) Hs s'appelaient Jacques Richard et Jacques Lichaire. La maison qui servait d*auberge avait un dauphin pour enseigne ; le contrat fut passé par M^ Claude Privât, notaire royal.

çiie, à y ajouter encore 100 livres de sa poche , à ^^^ condition que les consuls seraient tenus d'employer les 700 livres à l'achat d'un fonds de terre au profit de l'hôpital. Il ajouta cependant deux clauses : l'une, que s'il venait à décéder avant cette époque, sa veuve et son successeur seraient libres de continuer ou de cesser ce service gratuit ; l'autre , que si, dans le courant de ces quatre années, il arrivait un cas de peste , il suspendrait lui-même sa fourniture ordinaire pendant la durée de la contagion, pour la reprendre quand elle aurait cessé.

 cette époque il y eut un changement dans le personnel du clergé des deux Eglises de Nimes. D'un côté , Hector Ouvrier étant mort , fut remplacé par Antoine-Denis Cohon, le même qui, onze ans auparavant , avait permuté avec lui de siège épiscopal ; de l'autre côté, les pasteurs Rudavel et Baudan (1) , ayant reçu et accepté d'autres vocations, furent remplacés par Jean Claude et par Jean Bruguier. En outre , Darvieu s'étant exclusivement voué à l'enseignement de la théologie dans l'école, reçut pour successeur dans l'Eglise Barthélémy Roure.

De manière qu'au commencement de 1656, les 4656

(1) Baudaa avait quatre fils : Jean-Henri, pa3tear à Bagards; Henri, pasteur à La Salle; Louis et Maurice, qui suivirent la carrière des armes,

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^ pasteurs ordinaires étaient Rosselet , Claude , Bruguier et Roure. Ces trois derniers furent confirmés, le 3 mai, par le synode provincial d'Uzès, qui chargea de plus Claude de professer la théologie conjointement avec Darvieu.

Jean Claude , cet illustre écri^in dont s'honore encore TEglise réformée de France , était né , en 1649 , à la Sauvetat-du-Dropt, dans TAgenais, lieu où son père François Claude exerçait son ministère. Ce fut auprès de lui qu'il étudia les humanités , et alla ensuite suivre les cours de philosophie et de théologie dans l'académie de Montauban , où il fut consacré en 4645. La première Eglise qu'il desservit fut celle de la Treine , dans la Guyenne , où il ne demeura qu'un an ; de là il fut appelé à Saint- Affrique , et y séjourna huit ans , de manière qu'il avait trente-six ans d'âge et neuf de ministère quand il arriva à Nîmes. Comme son génie ne fut surpassé que par celui de Bossuet , il fut , à cause de cela , plus propre que tout autre , par la rare vigueur de son esprit , par la logique serrée de ses raisonnements et par l'éloquence de sa parole , à y exposer avec une habileté supérieure les abstractions et les difficultés de la controverse.

Jean Bruguier , son collègue , né à Nimes à peu près à la même époque , y avait fait d'excellentes études dans le collège des Arts et dans l'académie , de manière qu'il fut appelé à desservir l'Eglise au sein de laquelle il avait reçu la naissance et l'instruction.

Ces deux pasteurs prirent possession de leurs places au moment où Tévêque Cohon écrivait à un

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parmi lesquels on distingue David Martin , qui fut *^*^ dans la suite pasteur à Utrecht, en Hollande , et l'auteur de la version française de la Bible, si estimée, même de nos jours. Il soutint, en effet, avec éclat des thèses sur toute la philosophie , sans président, ce qui lui valut le titre de maître ès-arts, qui était le grade universitaire par lequel se terminaient alors les études scolastiques dans l'académie de Nimes , à laquelle le roi avait attribué le droit de le conférer (i).

Quoique de Rodon fût profondément versé dans la logique et dans la physique , il niait cependant dans son enseignement que la conservation des êtres créés fût une création continuelle , ce qui devint à son égard le sujet d'une accusation grave dont le consistoire s'occupa dans plusieurs séances successives. Dans la première, de Rodon commença luimême le débat, en portant plainte contre Qaude, qu'il accusa de l'avoir diffamé en persuadant le peuple qu'il était hérétique sur les dogmes fondamentaux <Ie la foi; mais , ajouta-t-il, « comme je suis véritablement orthodoxe , je demande à la compagnie de me donner un témoignage écrit de mon • orthodoxie et de me faire obtenir une réparation publique de mon antagoniste. > Celui-ci soutint avec force qu'il était innocent de l'accusation portée contre lui , et en demanda à son tour réparation comme calomnieuse. La compagnie, ayant une égale estime pour les deux hommes éminents qui s'accusaient réciproquement en sa présence, usa de son

(1) Ménard, t. VI, p. 149. Bayle, Dict. hist. eCcrit

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