‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 103 sur 227 · CHAPITRE XIII. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. S

IWO époque, en ce qu'il rétablit les relations commerciales entre le Languedoc et l'Espagne , qui servirent à relever Nîmes de son affreuse misère et de son complet abaissement.

Aussitôt que la prospérité commença à renaître, le prince Armand de Bourbon-Conti , qui était gouverneur de la province , chercha , pour en assurer les succès croissants , à réformer les abus et les désordres que les dissensions intestines y avaient introduits.

Mais ce que le gouverneur s'efforçait de consolider d'un côté , le parlement de Toulouse ne tarda pas à l'ébranler de l'autre , en adjugeant la préséance , en l'absence du président du présidial , à tous les conseillers catholiques successivement , à l'exclusion des réformés; et le conseil d'Etat ne permit , en même temps , de tenir des colloques que pendant la durée des synodes provinciaux et en présence du commissaire du roi.

1661 Mais l'arrêt le plus significatif est celui qui fut rendu , le 25 janvier 4661 , sur une affaire toute particulière, puisqu'il n'y était question que d'un mot. < Gibbes , professeur à l'université de Nîmes, fit appliquer sur les lieux accoutumés une affiche par laquelle il donnait avis au public qu'il expliquerait dans ses leçons le catéchisme de la religion orthodoxe. » Le clergé, qui était alors assemblé à Paris, fit de cette affiche une grande affaire. Il présenta une requête au conseil dans laquelle il soutint qu'il n'était pas permis aux protestants de changer ou de déguiser le nom de « prétendue réformée » qu'ils étaient obligés de donner à leur

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religion , parce qu'autrement ils pourraient trora- ^66 per les populations en leur ôtant les moyens de distinguer de quelle religion ils voudraient parler. Le conseil fut de cet avis, et, après avoir défendu aux réformés d'appeler leur religion orthodoxe, il ordonna que Taffiche , où Gibbes l'avait ainsi qualifiée , serait brûlée par la main du bourreau ; mit Raban qui l'avait imprimée et le professeur qui l'avait faite en ajournement personnel , et, jusqu'à ce qu'ils eussent comparu , les suspendit de leurs fonctions, a C'était là, dit Elie Benoist (i), une manière commode de réfuter le catéchisme des réformés. On leur défendait d'appeler leur religion orthodoxe, on leur commandait de la nommer prétendue réformée ; l'un et l'autre étaient contre les droits de la conscience et de la nature. On leur ordonnait de dire ce qu'ils ne croyaient pas; on leur ôtait la liberté de dire ce qu'ils croyaient. S'ils eussent eu la moindre complaisance pour ces règlements injustes , on les aurait peu après condamnés à nommer leur religion hétérodoxe et leur doctrine hérésie. »

A cet arrêt particulier, la chambre de l'édit de Castres en ajouta un autre plus général, qui défendit aux ministres d'exhorter, autrement qu'à voix basse, les prisonniers condamnés à mort qu'ils iraient visiter dans les prisons avant qu'on les menât au supplice. Cette précaution étrange fut prise afin que d'autres criminels ne pussent pas entendre les prières prononcées dans ces circon-

(1) Hist. de Védit de Nantes, t. m, liv. VI, p 339.

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