CHAPITRE XIII
Wô< stances; car l'expérience avait prouvé que, toutes les fois qu'un pasteur ^vait fonctionné à haute voix dans la conciergerie , les catholiques, qui n'étaient pas accoutumés à entendre des consolations évangéliques , prenaient goût à ces exhortations et à ces prières y et tel d'entre eux, qui avait assisté au commencement du service, la tête couverte en signe de mépris, se sentant attendrir par l'ouïe de la Parole sainte, en écoutait la fin à genoux et les mains jointes.
Le 13 mars, le cardinal Mazarin mourut, mais la reprise des concessions qu'il avait précédemment faites n'en continuèrent pas moins leur marche progressive et journalière. Ainsi , un mois après , il fut interdit aux protestants de chanter les psaumes dans les rues et même dans les maisons d'où les passants pouvaient les entendre ; à leurs pasteurs, de prendre d'autre titre que celui de ministres de la religion prétendue réformée, et de prêcher dans plus d'un lieu , sous prétexte d'annexé ; et aux parents , de refuser des provisions , c'est-àdire des secours sur leurs biens, à leurs enfants convertis, quand ces conversions avaient lieu à quatorze ans pour les garçons, et à douze pour les filles. Ce fut à cette époque encore qu'eut lieu la nomination des commissaires mi-partis, chargés de visiter les provinces et d'y juger les contestations existantes entre les catholiques et les protestants sur l'exécution de l'édit de Nantes , de celui de juillet 1629 et des déclarations subséquentes. Les deux qui furent envoyés en Languedoc furent de Bézons , intendant de la province , et Peyrema-
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les, liejitenant particulier au présidial de Nîmes. <W
Ce dernier, qui professait la religion réformée, était un homme d'un caractère douteux. Il faisait tantôt du bien et tantôt du mal. Comme il jouissait d'un grand crédit , il était presque toujours nommé commissaire du roi dans les synodes , et n'y laissait rien passer de contraire aux ordonnances, quelque arbitraires qu'elles fussent , sans le relever et le constater dans les procès-verbaux qu'il envoyait à l'intendant ou au conseil; c'est ce qu'il fit en particulier, d'une manière bien malheureuse pour l'Eglise , dans celui qui se réuùit à Nîmes , le 9 mai de cette année-là.
Ce synode provincial fut composé de soixante pasteurs et d'un nombre égal de députés laïques; Jean Claude le présida. Il y fut représenté , par Noguier, Pujolas et Roure, pasteurs , qu'il circulait le bruit dans la province que les ennemis de la religion , pour détruire la vérité évangélique , et pour ruiner le fondement de la liberté concédée parles édits , travaillaient, sous l'influence de la cour et celle du prince Armand-Bourbon de Conti , gouverneur du Languedoc , à corrompre les pasteurs , sous le prétexte pernicieux de vouloir unir les deux religions et accommoder leurs différends, comme on avait tenté de le faire , trente ans auparavant, sous le ministère du cardinal de Richelieu ; aussi les trois ministres demandèrent-ils une investigation sévère, parce qu'aucun pasteur ni au-