‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 105 sur 227 · CHAPITRE Xllt. S4t · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xllt. S4t

Wi cun chrétien ne pouvaient avoir cette pensée sans se rendre criminels et se déclarer coupables d'une faute qui méritait une punition exemplaire , vu l'impossibilité qu'il y avait d'unir les ténèbres avec la lumière et Dieu avec Bélial.

Rassemblée, jugeant que cette proposition était de la plus haute importance, ordonna aussitôt, pour couper le mal dans ses racines , et découvrir la trame de ce dessein qui était ourdi en secret, que chaque pasteur et ancien jurerait, séance tenante, la main levée à Dieu, d'en décharger sa conscience, en déclarant ce qu'il pourrait savoir par lui-même, ou qu'il aurait pu entendre dire à d'autres directement ou indirectement.

Après le serment général , les dépositions particulières commencèrent , et Janvier, pasteur dans le Yivarais, Lafage, pasteur dans le Dauphiné, Paulet, pasteur à Lussan , et Rosselet, pasteur à Nîmes, furent nominativement désignés comme ayant parlé de cet accommodement en termes qui prouvaient qu'ils le regardaient comme possible et même profitable.

A l'ouïe de ces accusations personnelles, le synode délibéra : qu'on ferait d'abord savoir, aux synodes du Yivarais et du Dauphiné , les propos que Janvier et Lafage avaient tenus sur ce dessein; ensuite, que Paulet serait assigné à l'assemblée provinciale suivante, pour l'entendre, et, enfin, que Rosselet, qui était présent, serait immédiatement jugé.

La parole fut alors donnée à ses accusateurs qui

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étaient au nombre de quatre (1), et qui dirent : *<M que Rosselet avait été entretenu de ce projet de réunion par de grands et puissants personnages, puisque , avant l'époque du dernier synode , tenu à Montpellier le 26 mai de Tannée précédente, il en avait parlé, sous le sceau du plus grand secret, à de Bordieu et à Claude, pasteurs, et à de Mirman, ancien, auxquels il avait dit, entre autres choses, « qu'il y avait promesse de 2,000 livres de pension pour celui qui travaillerait à l'accommodement si désiré par le roi , qu'il savait où il y avait de l'argent, et qu'on assurait que des pasteurs du voisinage étaient déjà corrompus. » Ce ne fut pas tout , car , à la suite de cette déposition faite par Modens , son collègue , Garcenat père déposa sur la table la copie d'une lettre écrite par un ancien de son Eglise , qui affirmait que Rosselet , étant à Pézenas, en députation auprès du gouverneur, avait dit à Pastoral, qu'un homme puissant l'avait prié de s'employer à l'accommodement des deux religions, et qu'il lui avait répondu : « qu'il serait bien aise de verser tout son sang pour un si saint ciment , et que le soleil lui ferait plutôt quitter son manteau que les vents impétueux. »

Rosselet , interpellé sur ces accusations , répondit qu'il était vrai que des hommes en place lui avaient parlé de l'accommodement des deux religions, mais qu'il avait répondu généreusement et avec respect que la chose était impossible ; que s'il en avait ensuite fait la confidence à ses amis,

(1 ) Modens , Garcenat père et Ûls et Houssillon.

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