‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 106 sur 227 · CHAPITRE XU\, âiS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU\, âiS

M de Bordieu, Claude et de Mirman, c'était pour mieux découvrir le dessein et y porter aussitôt remède ; qu'enfin , lorsqu'il s'en était entretenu avec Pastoral, il ne s'était pas servi du terme de saint cîmmt, et que s'il avait dit : <r que le soleil lui ferait plutôt quitter le manteau que les vents impétueux , » il l'avait entendu dans un bon sens , demandant par là justice aux puissances contre les persécutions des ennemis de l'Evangile.

Après ces explications , le modérateur demanda à celui qui venait de les donner, s'il y avait quelques membres de l'assemblée qui lui fussent suspects de partialité , ^fin qu'ils s'abstinssent dans le jugement de l'affaire. Il désigna ses quatre accusateurs, que l'assemblée déclara devoir ne prendre aucune part au vote ; et comme elle considéra de la dernière importance d'en rendre la solution juridique, pour la gloire de Dieu et le bien des Eglises, elle décida, avant d'y procéder, de s'humilier extraordinairement devant le Seigneur, pour lui demander, par une fervente prière , les grâces de son Saint-Esprit, afin que ce jugement émanât de lui et non pas des hommes. Ce qui fut exécuté, à l'heure même, par la bouche du modérateur, aussitôt que tous les assistants se furent mis à genoux.

Ensuite chacun d'eux fut appelé à exprimer son opinion à haute voix et à son tour, dans la sincérité de sa conscience. Il résulta de ces consultations individuelles , d'un côté , que si les plaintes portées contre Rosselet n'étaient pas tout-à-fait convaincantes, il était certain, de l'autre, que les raisons

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qu'il avait données pour se justifier n'étaient pas <*^ assez satisfaisantes pour le déclarer innocent ; par cela même , comme il restait des présomptions sur sa culpabilité , il fut ordonné qu'il serait giîèvement censuré , qu'il lui serait défendu à l'avenir de se mêler d'aucune afTaire qui pourrait donner quelque nouveau soupçon contre l'honneur de son ministère, et que, dans ce but, ni lui, ni aucun autre pasteur de la province, ne parleraient désormais aux autorités civiles du premier rang , sans être accompagnés, autant qu'il serait possible, d'un laïque dont la probité serait connue de tout le monde.

Le synode décida, en outre, que des lettres seraient écrites de sa part à toutes les provinces du royaume, touchant ce pernicieux dessein de l'accommodement des deux religion! , qui ne pouvait se faire qu'en unissant les ténèbres avec la lumière et Christ avec Bélial.

Ces derniers termes, répétés à dessein dans la conclusion, parurent si injurieux à la religion de Sa Majesté, que Peyremales, son commissaire, s'opposa à la transcription de la délibération qui les contenait dans le registre des actes officiels. Mais Claude consulta l'assemblée, qui ne tint aucun compte de cette opposition et passa outre.

Le conseil d'Etat, au contraire, l'a prit en sérieuse considération , puisqu'il rendit un arrêt , en date du 6 août, par lequel, pour punir le synode d'avoir employé des expressions si hardies, il cassa ^a délibération, et condamna le ministre Claude, comme l'ayant autorisée en sa qualité de modéra-

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