CHAPITRE XIV
Elie Cheiron, — De Rozel. — Fermeture de l'école de théologie.
Démolition du Petit-Temple.
662 Si, en 1662, l'Eglise de Nîmes eut la douleur de se voir enlever, par un moyen violent, le ministère
(1 ) Claude partit aussitôt pour Paris , où ses luttes avec Nicole et Arnaud empêchèrent quUl n*obt!ot justice. L*Eglise de Montauban rappela à son service ; une seconde interdiction Vy attendait : elle fut obtenue par Berthier, évéque de cette ville, sous prétexte quMl était « grand socinien, dissolu dans ses mœurs; qu*il avait fait établir à Montauban quatorze ministres au lieu de six ; quMI allait en carrosse faire son prêche, et qu*il entretenait les huguenots dans Tespoir d*une guerre prochaine entre la France et TÂngleterre. » Claude fit à cette époque un second voyage à Paris , aussi infi-uctueux que le premier. L*£glise de Gharenton le plaça au nombre de ses pasteurs, parmi lesquels il se distingua par une éloquence mâle et vigoureuse , comme par un raisonnement pressant et serré. C*est là quil eut les conférences avec Bossuet, qui ont eu un si grand retentissement. A Tépoque de la révocation de redit de Nantes , il partit pour Bruxelles et se rendit en Hollande, où le prince d*Orange lui ût une pension. Il y mourut à l'âge de soixante-six
246 HISTOIRE DE l'ÉGLISB BÉFORHÉE DE NIMES.
de Claude , elle éprouva du moins la satisfaction ^^^ d'apprendre que Rosselet, qui lui restait, avait été justifié par le même synode qui l'avait jugé digne de censure. Dans sa nouvelle réunion, en effet, qui se tint le 17 mai à Uzès , après un examen plus attentif de l'affaire, le pasteur inculpé fut reconnu innocent, exempt de blâme, et l'accusation principale , comme la censure de sa conduite , furent rayées des actes officiels. Il n'en fut pas de même de Paulet, pasteur à Lussan, puisqu'il fut reconnu coupable et chassé de la province.
Cette même année, le jour de la Pentecôte, il se passa un fait bien simple en lui-même et qui, pourtant, entraîna de bien fâcbeuses conséquences, en ce qu'il fournit à l'évêque Cobon l'occasion de dresser des remontrances contre les protestants , dont la plupart ne tardèrent pas à être changées en édits rigoureux. Le dimanche , 1®^ juin , une vingtaine d'artisans se réunirent, après sept heures du soir, dans la salle-basse de l'hôpital de la Carreterie , et, pour s'édifier, se mirent à entonner quelques psaumes ; c'était précisément l'heure à laquelle l'évêque donnait la bénédiction du saint sacrement dans l'Eglise de l'hôpital catholique, dont la porte se trouvait en face de l'autre côté de la rue, ce qui troubla le silence de la cérémonie. C'en fut assez pour que le syndic du clergé , se basant sur les dispositifs de l'arrêt du conseil, concernant le chant
ans , après avoir composé les Plaintes des protestants^ dans lesquelles il proteste , devant le ciel et devant la terre, contre toutes les violences qu'on avait faites aux protestants dans le royaume de France.