‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 109 sur 227 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

^6« justificatif du chant des psaumes , publié à Nîmes par le ministre Bruguier. Les deux agents généraux, du clergé de France (1) représentèrent au conseil, dans une requête, que, malgré divers arrêts dûment signifiés, qui défendaient à ceux de la religion prétendue réformée de chanter les psaumes dans les endroits où ils pouvaient être entendus, et aux mi-^ uistres de cette religion de prendre la qualité de « ministres de la Parole de Dieu, » attendu que la Parole de Dieu est vraie, sainte et pure , au lieu que celle qui était prêchée et enseignée par ces ministres , est fausse , profane et corrompue ; néanmoins , il était de notoriété publique que , dans la ville de Nimes, ceux qui professaient cette religion chantaient partout ces psaumes, avec d'autant plus de hardiesse et de témérité qu'ils y étaient incités par le consistoire et par les consuls , qui avaient fait publier un libelle intitulé : « Discours sur le chant des psaumesy » composé par Jean Bruguier et imprimé par Edouard Raban, dans lequel il était enseigné qu'il était permis de chanter en tous lieux les psaumes mis en vers français ; et , pour autoriser cet attentat par un nouveau , le même consistoire avait fait débiter un second libelle, portant le même titre , sans noms d'auteur ni d'imprimeur, mais que le style et les caractères faisaient reconnaître pour être sorti de la plume de Bruguier et des presses de Raban , par lequel le peuple était excité à se moquer des arrêts du conseil , et où il était parlé de la religion réformée

(1) Ils se nommaient les abbés de Faget etjle Saini»Pouënges.

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sans y ajouter Tépithète de prétendue^ comme Texi- ♦•^ geaient les ordonnances. Pour remédier à ce désordre, les requérants demandaient que les libelles fussent lacérés et brûlés par la main de Texécuteur de la haute justice, que Jean Bruguier fût interdit des fonctions de son ministère et banni de la province du Languedoc , que le consistoire et les consuls fussent condamnés à 3,000 livres d'amende , et que Raban fut banni du royaume.

Le conseil , sur le rapport du commissaire qu'il avait lui-même choisi pour examiner la requête , prononça , le 26 février , ces pénalités , en n'y faisant que quelques modifications. Le premier libelle composé par Bruguier fut supprimé. Le second fut lacéré et brûlé par la main du bourreau ; Bruguier fut banni de la t)rovince pendant un an et Raban condamné à une amende de 300 livres et à ub bannissement de deux années.

Pour remplir la place de Bruguier , durant l'année de son interdiction , douze pasteurs du voisinage furent chargés par le synode de le remplacer tour-à-tour, ce qui fut dénoncé encore au conseil, qui l'empêcha , comme contraire à l'art. 10 de l'édit de janvier précédent. L'assemblée mixte des trois corps fut alors forcée à employer le mode ordinaire , et elle appela Elie Gheiron comme pasteur par provision.

Les commissaire^ royaux, établis par la déclara-

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