CHAPITRE XIV
>63 tion du 18 juilleH656, se montrèrent actifs et dévoués à cette époque, car, sur leur proposition, les mesures vexatoires suivantes furent successivement prises dans la ville de Nîmes.
Le greffier de la maison consulaire dut être catholique (1). — Les cloches du temple durent cesser de sonner depuis le jeudi à dix heures du matin jusqu'au samedi de la semaine sainte à midi, comme celles des églises catholiques (2).
Il fut donné trois mois au consistoire , à partir du 5 octobre , pour remettre au greffier du conseil les lettres patentes en vertu desquelles avait été établie l'académie , avec défense d'y enseigner jusque-là la théologie (3).
Les convois et enterrements des morts ne purent se faire, depuis le mois d'avril jusqu'à la fin de septembre , qu'à six heures précises du matin et qu'à six heures du soir , et, depuis le mois d'octobre jusqu'à la fin de mars , qu'à huit heures du matin et qu'à quatre heures du soir, le nombre des assistants étant fixé pour maximum à trente, en y comprenant les proches parents des défunts (4) , avec défense aux ministres qui conduisaient ces cortèges funèbres de s'arrêter, en revenant du cimetière, devant la maison mortuaire pour y prononcer une allocution (5).
L'exercice du culte religieux fut suspendu àBouil-
(1) Ârrét du 5 octobre 1663.
(2) Le même , art. IV.
(3) Le même , art. IX.
(4) 19 mars 1663.
(5) 19 mai 1662.
S5â HISTOIRE DE l'ÊGLISB RÊFOHHÉB DE NIMES.
largues, Gaissargues, Rodillan, Saint-Césaire et <MS Courbessac, parce que ces villages ou hameaux faisaient partie du même consulat comme de la même taillabilité, et se rattachaient par cela même à la paroisse de Nîmes , où cet exercice étant permis devait aussi leur être commun (1).
A l'époque où ces restrictions étaient portées à la liberté de conscience et de culte, De Rozel, pasteur de TEglise de Tours, passant à Nîmes, édifia tellement le troupeau par sa prédication onctueuse, qu'avec son consentement le consistoire fit demander au synode d'Uzès, par d'Albenas, viguier de la ville, l'autorisation de le retenir comme pasteur ordinaire à la place de Claude , et de donner en même temps un titre définitif à Elie Cheiron, qui n'en possédait encore qu'un provisoire; ce qui fut délibéré sans opposition.
Ce fut ce synode qui, pour relever le courage des protestants abattus et pour porter un remède eiOScaee au relâchement du zèle et de la foi , prit cet arrêté mémorable , enregistré textuellement avec les actes de toutes les Eglises de son ressort, par lequel, pour faire cesser la lamentable tempête qui avait fait disparaître le repos et la tranquillité du sein de l'Eglise de Dieu , ordonna que, pour en ôter la cause, il fallait lui appliquer le remède de la réformation des mœurs.
« Ce que pour insinuer plus fortement dans les esprits, la compagnie enjoignit aux pasteurs de chaque Eglise , non-seulement de faire des exhor-
(1) 25 octobre 1663,