CHAPITRE XIY
1663 talions publiques en chaire , mais encore d'y employer des admonitions et remontrances particulières, en appelant devant eux tous les divers ordres et Etats à part, pour les exhorter, chacun suivant leur profession et les vices vers lesquels ils étaient le plus enclins. » — « A la correction des mœurs, ils durent ajouter aussi l'instruction religieuse , s'informant exactement de la manière dont chacun y était avancé , et , à Texemple de saint Paul , enseignant même de maison en maison. j>
Le 14 mai, le consistoire de Nimes s'assembla pour procéder à l'exécution de l'ordonnance synodale; il décida, dans ce but, que chaque membre sortirait à son tour, afin qu'en son absence on pût examiner librement sa manière de vivre et de se vêtir, pour lui adresser, quand il serait rappelé, les justes reproches qu'on aurait à faire sur sa conduite et sur celle de sa famille ; ce qui fut exécuté à l'instant en commençant par les pasteurs , en continuant par les diacres et les anciens , et en finissant par le chantre et l'avertisseur.
Vint après cela le tour des corporations qui, sur convocation spéciale, parurent devant le consistoire (1) , où elles furent solennellement sommées
(1) Elles parurent dans Tordre suivant : le 15 mai , les régents et et les proposants en théologie; — le 17, les magistrats et les consuls;
— le 21 , les marchands drapiers ; — le 23 , les marchands en détail ;
— le 25 , les marchands de soie ; — le 28 , les gentilshommes ; — le 29 , les apothicaires et les chirurgiens ; — le 30 , les médecins ; — le 31 , les bourgeois ; — le i juin, les avocats; — le 5, les marchands droguistes; — le 8 , les notaires; — le 11 , les procureurs; — le 12, les boulangers ; — le 14 , les greffiers ; — le 15 , les teinturiers ; — le 19 , les cordonniers ; — le 21 , les tailleurs ; — le 25 , les cardeurs;
S5i HISTOIRE DE l'ÉGUSE RÉFORMÉE DE NIMES.
de réformer leur vie et leurs mœurs , de pardonner ^^W à leurs ennemis, de ne pas profaner le saint jour du repos , de fléchir les genoux soir et matin devant Dieu avec leurs familles , de n'avoir aucun entretien dans le temple avec personne , mais de s'y occuper seulement à chanter les louanges de Dieu et à écou.ter sa Parole.
Le consistoire n'ayant pu fournir les lettres pa- 4664 tentes en vertu desquelles l'école de théologie avait été fondée en 1561 , parce qu'il n'en existait pas , lorsque les trois mois de délai que lui avait donnés l'arrêt du 5 octobre , pour remettre ces pièces entre les mains du greffier du conseil d'Etat, furent expirés , il parut un jugement interlocutoire de ce conseil, dans le mois d'avril 1664*, qui prononça la suppression de l'académie de Nîmes. Elle avait duré cent trois ans , et vingt professeurs s'étaient succédé dans ses chaires de théologie , de grec et d'hébreu (4).
Des trois hommes qui les occupaient à cette époque , un seul , Josué Darvieu , resta sans emploi , mais il fut donné à l'Eglise de Langlade qu'il des-
— le 29 , les brodeurs et chapeliers; — \e U' juillet , les jardiniers ;
— le 3 , les menuisiers ; — le 12, les arquebusiers, serruriers et marécliaux ; — le 26 , les niaagonaiers.
(1) Voici leurs noms par ordre de dates : Mauget , Viret , de Ghambrun père , de Saint-Ferréol, de FalgueroUes père, de Serres» Moynier, Ferrier, Suffren, de Ghambrun fils, Gottelier, Petit, Faucher, Ghauve> de Croï , Rosselet , Peyrol , Darvieu , Claude et Roure.