CHAPITRE XIT
fe64 servit pendant le reste de ses jours. Les deux autres , Rosselet et Roure , conservèrent leur titre de pasteurs ordinaires. Rosselet cependant ne le garda pas longtemps , car , accablé de tristesse par cet événement douloureux , il mourut le 2 octobre suivant, à quatre heures du matin, et fut enseveli au cimetière de la couronne , dans la même chambre où reposaient déjà ses collègues Faucher et Chauve. Son ministère à Nîmes avait duré quarante-deux , ans (1).
La fermeture de Fécole de théologie fut suivie de la démolition du Petit-Temple. Voici la procédure civile qui l'occasionna. Comme il y avait eu partage du collège fait, en 1634, par les commissaires de la chambre mi-partie , qui avait été confirmé, en 1652, par un arrêt homologué au conseil, le consistoire, se reposant sur la force d'un acte si authentique, avait cru qu'il pouvait disposer de la portion qui lui était demeurée, comme d'un bien solide et dont la possession ne pouvait plus lui être contestée. Dans cette conviction , il avait fait construire de nouveaux bâtiments pour agrandir sa portion , afin de recevoir un plus grand nombre d'écoliers ; il les avait élevés sur un emplacement , dont la moitié appartenait à l'ancien hôpital Saint- Marc, et l'autre moitié à la ville. Les jésuites les avaient laissé achever sans y mettre obstacle; mais lorsqu'ils furent finis , le syndic de leur collège présenta une requête aux deux commissaires de î'édit, dans laquelle il se plaignait de l'usurpation
(1) Depuis le mois de septembre 1621.
256 HISTOIRE DE L^ÉGUSB KÉFORMÉE DE IflMES.
de ces places, et prétendait que, puisque le roi avait *^ introduit sa corporation dans le collège , elle devait jouir de la supériorité dans son administration, et qu'aucun changement ne pouvait s'y faire sans son consentement; et comme le Petit-Temple était contigu à ce nouveau bâtiment, il requérait la démo* lition immédiate de l'un comme de l'autre.
Le consistoire, de son côté, produisit des titres authentiques qui étaient, pour sa portion du collège, les deux actes de partage enregistrés aux greffes de la chambre de Castres et de la cour des comptes de Montpellier, et, pour le temple, les lettres patentes que Henri IV avait données en 4609, et établit que cet édifice était bâti sur un fonds où TEglise romaine n'avait rien à prétendre , puisqu'il avait été acheté à Fazandier, qui y avait iine maison, avec les 7,500 livres que le roi avait permis aux protestants de cette époque de lever sur eux-mêmes pour subvenir aux frais de construction.
De Peyremales trouva ces dernières raisons concluantes , mais de Bézons , son collègue , fut d'un avis contraire ; par suite de ce conflit d'opinions , l'aflaire fut portée au conseil d'Etat; le syndic général de la province, celui du clergé du diocèse et les consuls catholiques de Nîmes, intervinrent dans le procès , et se déclarèrent en faveur des jésuites. Le maître des requêtes fit rapport de ces débats aux neuf membres du conseil qui , sans s'arrêter à la transaction de 1652, ni aux arrêts d'homologation et d'enregistrement, ni à tous les actes passés en conséquence , ordonnèrent , le 28 novembre , aux réformés de se départir de la possession et de