CHAPITRE XIV
•661 la propriété des bâtiments construits à l'usage d'un nouveau collège , en les laissant dans Tétat où ils se trouvaient. Présupposant ensuite que le Petit- Temple était bâti sur un fonds qui avait été la propriété de Taticien collège, ils en ordonnèrent la démolition, avec la condition que ses propriétaires rendraient la place nette dans l'espace de deux mois , en emportant les matériaux pour agrandir le temple de la Calade, s'ils le jugeaient convenable (1). — Par le même arrêt, les régents protestants furent soumis à l'administration du recteur des jésuites ; ils durent être nommés et purent être révoqués par lui « sans autre forme ni figure de procès. »
Le Petit-Temple de Nîmes , qui n'avait été bâti que depuis cinquante-quatre ans, ne fut pas le seul qui fut démoli à cette époque; ceux de Montauban , de Montpellier, de Montagnac , d'Alençon et de cent cinquante-deux Eglises du bas Languedoc , des hautes Cévennes et de la Provence , tombèrent successivement sous la main des démolisseurs.
Un faible dédommagement fut pourtant donné à l'Eglise de Nîmes , celui de voir revenir au milieu d'elle Jean Bruguier, qui, après que le temps de son exil eut expiré , obtint du roi l'autorisation d'y reprendre les fonctions de son ministère. Il y arriva en même temps que Joseph Arbussy , ancien pasteur de Saint- Affrique^ que le consistoire avait
(1) Filleau , DécMons cath, Mënard, t. VI, preuve 174. Benoit, Hiitoire de l'édit de Nantes , t. lll , p. 603 et 620.
258 HISTOIRE DE l'ÉGUSE RÉPORMÊE DE IflMES.
prié de venir prêcher par provision, jusqu'au pro- *••* cbain synode , à la place de Rosselet décédé.
Les pasteurs ordinaires furent donc alors Bruguier, de Rozel , Roure et Cheiron , avec Arbussy , pasteur temporaire. L'adjonction de ce dernier serviteur de JésusrChrist se trouva nécessaire , parce que Roure fut chargé de donner des leçons de théologie aux quelques étudiants nimois qui étaient demeurés sous la direction particulière du consistoire , aidé de Jean-Louis Jaussaud , qui fut choisi pour leur enseigner la philosophie. Il était l'un des trois fils de Jean-Louis Jaussaud , conseiller à la chambre mi-partie de Castres, qui, en 1659, avait fait partie de la commission de seize membres , nommée par le synode de Loudun pour surveiller la correction des éditions de la Bible , du catéchisme , de la liturgie et des psaumes , en tenant note des variantes.