CHAPITRE XV
Joseph Arbussy. — Fermeture de rhôpital protestant — Icard. — André Lombard. — Etienne Dumond. — Pierre Paulhan. — Jacques Peyrol.
En 4665, le consistoire de Nimes n'ayant qu'un 4661 seul temple pour faire célébrer les services divins ,
GHIPITRB XV. 259
♦^^ jugea nécessaire de modifier les règlements intérieurs pour les adapter à ce nouvel état de choses. Dans ce but, après s'être entendu avec les autres corps de TEglise, il délibéra que chaque dimanche il se ferait quatre prédications dans le temple de la Calade, savoir : depuis la Saint-Michel jusqu'à Pâques, la première à sept heures du matin, la seconde à neuf heures , la troisième à midi , et la quatrième à deux heures du soir ; et depuis Pâques jusqu'à la Saint-Michel , la première à six heures du matin , la seconde à huit heures , la troisième à midi, et la quatrième à trois heures du soir. Et comme, dans la succession de ces services, il aurait pu y avoir de la confusion à cause des places dont la plupart étaient affectées à des particuliers , pour y remédier, il trouva bon que ces dernières , sans exception, à la réserve des bancs des magistrats, des consuls et du consistoire, seraient rendues communes à la première et troisième prédications , et réservées, comme par le passé, aux deux autres.
Ces dispositions n'empêchèrent pas que le désordre ne se manifestât d'une manière scandaleuse les dimanches suivants , surtout lorsque les solennités religieuses arrivèrent; aussi fallut-il prendre de nouvelles mesures qui, appliquées rigoureusement , finirent cependant par y mettre un terme. A cette agitation s'en joignit une plus grave et qui fut plus difficile à calmer. Elle fut occasionnée par la conduite légère et imprudente du pasteur Joseph Arbussy. Ses antécédents l'avaient déjà fait connaître comme ayant un esprit brouillon, entreprenant et orgueilleux, puisqu'il avait été pour-
S60 HISTOIRE DE l'ÉGLISB RÉFORMÉE DE NIMES.
suivi devant trois synodes , et renvoyé de Montau- <^ ban, où il occupait le double emploi de pasteur et de professeur d'bébreu , à Saint-Affrique , où il s'était conduit encore comme un homme altier, qui méprisait Tordre et qui passait hardiment, pour venir à bout de ses desseins, au-delà des bornes de la retenue chrétienne convenable aux ministres de Jésus-Christ.
Après un séjour de courte durée à Nîmes , il ne tarda pas à mettre , par ses intrigues , la division entre les magistrats , les consuls et le consistoire. Deux partis se formèrent; l'un voulait demander au synode la nomination de Joseph Arbussy comme pasteur ordinaire. L'autre s'y opposait ouvertement, alléguant pour motif que son ministère n'était pas en édification. Pour aplanir ce différend, quatre commissaires furent de part et d'autre choisis pour arbitres; après s'être réunis plusieurs fois, ils finirent par convenir qu' Arbussy exercerait son ministère pendant six mois , au bout desquels les trois corps s'assembleraient dans le temple pour y délibérer de nouveau sur sa vocation. Si son ministère était agréé , il serait nommé pasteur ordinaire, et, dans le cas contraire , il serait congédié, en ajoutant aux gages des six mois de provision , pareils gages des autres six mois restants de l'année pour tout dédommagement.
Le terme fixé par ce traité arriva le 7 octobre ; l'assemblée mixte des trois corps fut convoquée pour ce jour-là. Mais les consuls , d'accord avec les magistrats, n'y parurent point. L'affaire, par suite de ces entraves, traîna jusqu'au 29 avril 4666,