‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 122 sur 227 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

IWÎ médiateraent deux anciens, de Saint-Côme et de Fonfroide, pour Montpellier, afin de témoigner au consistoire de cette ville toute la part qu'il prenait à ses épreuves, en l'adressant, pour le consoler, au suprême directeur de l'Eglise , qui l'a fondée, et qui l'affaiblit ou la fortifie selon que la sanctification des âmes qui l'a composent l'exige.

La circonstance était aussi grave que solennelle. La persécution se trouvait à la porte ; encore quelque temps, elle allait envahir l'enceinte et éclater sans ménagement. Dans cette terrible attente, les cœurs s'humilièrent profondément; les pasteurs avec les anciens décidèrent d'abord de faire assembler deux fois par jour les fidèles dans le temple, pour y prier ensemble le Seigneur d'arrêter le châtiment qui tombait sensiblement sur son peuple, à cause de son endurcissement et de sa rébellion manifeste à ses saintes ordonnances , et y chanter les psaumes à genoux en signe de contrition et de repenlance ; après cela , de célébrer un jeûne général pour implorer avec larmes une délivrance qui ne pouvait provenir que de la bonté et de la miséricorde gratuite du Tout-Puissant.

Cette cérémonie expiatoire se célébra, en effet, le vendredi 4 décembre. Les services religieux commencèrent à six heures du matin , et ne finirent qu'à six heures du soir, où tous les pasteurs réunis , après la grande prière de clôture , levant les mains au ciel, donnèrent la bénédiction.

Lé lendemain , ceux qui avaient ainsi passé un jour entier dans les parvis de l'Eternel, apprirent que leurs ennemis avaient fait dresser des procès-

verbaux et des procédures contre eux, pour les en- ^^ voyer au duc de Noailles, qui avait été investi depuis peu du gouvernement du Languedoc, les accusant d'avoir tenu une assemblée secrète dans la nuit du jeudi au vendredi précédents, quoiqu'ils sussent fort bien que le peuple ne s'était rendu dans le temple avant le jour qife pour se procurer de bonnes places pour la cérémonie du jeûne, la coutume étant, depuis très-longtemps, d'en lais- 1er les portes ouvertes presque toutes les nuits qui précédaient les jours de fêtes solennelles. — Le consistoire , alarmé de cette démarche , envoya, pour en arrêter les effets, une députation au gouverneur, composée de Saint-Gôme , de Fonfroide, de Mirman et de Graverol, afin de lui faire connaître le véritable état des choses. — Arrivés à Montpellier, ces députés furent assez heureux pour réussir dans leur dessein; ils en revinrent satisfaits, après avoir promis au duc qu'à l'avenir les portes du temple ne seraient plus ouvertes qu'à quatre heures du matin, les jours de communion et de jeûne , et que le consistoire agirait auprès des filateurs de soie et des marchands drapiers de la ville, pour les décider à rouvrir leurs filatures et leurs magasins, et à y employer les ouvriers qu'ils avaient coutume de faire travailler sans avoir égard à leur religion, vu que les artisans étaient réduits à la plus affreuse misère faute d'ouvrage.

De tous les membres du consistoire , le pasteur

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