‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 125 sur 227 · CHAPITRE XVI. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. S

'H8B ville natale des amis nombreux et dévoués ; il les trouva malheureusement divisés, parce que le dernier synode du Languedoc , voyant l'état déplorable où les Eglises étaient réduites , et la difficulté d'établir entre elles une mutuelle correspondance, avait voulu remettre la direction de leurs affaires à six personnes qui auraient eu l'autorité de les régler sans la participation même d'aucun corps consistorial. De là un mécontentement profond s'était manifesté chez les uns , tandis qu'une approbation sans réserve avait été donnée par les autres. Aussi Brousson se trouva-t-il en présence de deux partis fort tranchés : celui des zélateurs ( ainsi nommés en souvenir des factions qui avaient déchiré Jérusalem), à la tête duquel étaient les deux pasteurs Icard et Peyrol , avec Fonfroide ; et celui des modérés , composé des timides, des prudents , des politiques , des tièdes , qui avait pour chefs les deux autres pasteurs Cheiron et Paulhan, avec de Saint-Cômes.

Le projet des directeurs du comité de Toulouse parut à ces derniers si hardi et si dangereux, qu'ils conseillèrent, au contraire, la soumission passive ; alors leurs collègues, appelant lâcheté cet abandon complet des droits de l'Eglise, les accusèrent hautement d'être la cause des maux accablants qui la désolaient.

Sur ces entrefaites le moment d'agir arriva. Les réformés de Saint-Hippolyte donnèrent l'exemple ; ils s'assemblèrent dans un champ , à la pointe du jour , pour recommencer les exercices publics de piété , qui avaient été suspendus, en 4678, par la

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noire méchanceté d'un missionnaire, nommé Sainte- ^^^5 Marie, qui y faisait les fonctions de vicaire (4). Le ministre qui prêcha n'entretint ses trois à quatre mille auditeurs que du service religieux que les chrétiens doivent à Dieu et de la fidélité que les sujets doivent à leur prince. Le prêtre qui était alors dans cette ville voulut être témoin de cette action , et , lorsqu'il alla rapporter à l'évêque Séguier ce qui s'était passé , il ne put s'empêcher de louer les réformés sur leur contenance pieuse et leur modeste retenue , qui devaient éloigner tout soupçon de révolte à main armée, et il ajouta que le pasteur n'avait rien avancé que l'évêque luimême n'eût dit dans une pareille circonstance.

Des assemblées pareilles eurent lieu dans le Vîvarais et le Dauphiné. A cette nouvelle les catholiques prirent les armes, soit par crainte d'être prévenus, soit par une ruse de politique qui obligeât les réformés d'en faire autant. Ce qui arriva effectivement.

Dans ce moment, Henri d'Aguesseau , intendant de la province, reçut une lettre du roi qui lui intimait l'ordre de se rendre dans le temple protestant de Nîmes, pour y procéder à la lecture et à la signification de Y avertissement pastoral , adressé par le clergé de France à ceux de la religion prétendue réformée , pour les porter à se convertir et à se

(V Hist de Védit de Nantes, 1. 111 , liv. XVI, p. 366.

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