‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 126 sur 227 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

1683 réconcilier avec TEglise. Il vint le 4 juillet, à neuf heures du matin , dans la chambre du consistoire, suivi du chanoine de Mérez, vicaire général, de quelques autres ecclésiastiques, ^de plusieurs magistrats du présidial, des consuls, de son secrétaire, de deux hoquetons portant leur cotte d'armes, et de deux huissiers.

Cinq députés du consistoire : Paulhan, pasteur; de Saint-Cômes et Ledignan , diacres ; Viala et Pelet, anciens, étaient allés le prendre à son logis; et il fut reçu à la porte du temple par Cheiron, pasteur; Baudan et Guiraud, diacres; Pradel et Alier, anciens, qui introduisirent le cortège dans la salle des délibérations, où se trouvait le reste de la compagnie. Des sièges y avaient été préparés à chacun selon son rang ; celui de l'intendant se distinguait des autres par son élévation sur une estrade; les ecclésiastiques romains furent placés à sa droite , et les magistrats avec les consuls à sa gauche. Les membres du consistoire occupèrent les places vis-à-vis , sur deux rangs , l'un auprès des ecclésiastiques , toutefois séparés d'eux par un accoudoir, et l'autre auprès des magistrats et des consuls , séparés encore d'eux de la même manière. Le secrétaire de l'intendant et celui du consistoire s'assirent à la taWe; les hoquetons et les huissiers se tinrent debout.

Henri d'Aguesseau prit le premier la parole, et dit qu'il était venu par ordre du roi pour faire lire et signifier au consistoire la lettre pastorale du clergé ; que , pour donner cette communication offi-

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cielle, révêque de Nîmes avait commis à sa place ^^M son vicaire général de Mérez ; et , après cela , il enjoignit à la compagnie Tordre d'entendre cette lecture et d'accepter cette signification avec respect et soumission.

Le modérateur Cheiron, après avoir prononcé des assurances serviles d'obéissance à la volonté du roi et des flatteries élogieuses en faveur de l'intendant et du vicaire général , ajouta, cependant, que le consistoire ne reconnaissait aux membres du clergé catholique aucune autorité sur lui , ni sur son Eglise, en matière de religion, puisque au fond ils vivaient dans une communion différente et séparée de la leur; il termina par cette protestation , sincère en apparence , mais sans fondement solide en réalité : « Permettez, monseigneur! que nous vous disions, avec tout le respect qui vous est dû , que , comme nous sommes persuadés que notre religion n'enseigne aucune doctrine et ne pratique aucun culte qui ne soient conformes à la pure Parole de Dieu , nous avons résolu, moyennant la grâce du Saint-Esprit , de n'en abandonner jamais la profession , nous promettant , de la bonté et de la justice de notre monarque , que , puisqu'il sait que l'empire des consciences n'appartient qu'à Dieu , il ne trouvera pas mauvais le dessein que nous avons pris d'obéir toute notre vie à ce commandement salutaire de l'Evangile -: « Rendez à César ce qui appartient à César , et à Dieu ce qui appartient à Dieu. »

Après cette allocution, le chanoine de Mérez ayant prononcé un long discours , le fit suivre de

GHÀPITRB XYII. Si93

1683 la lecture de la lettre pastorale , qui fut faite mot à mot et en latin (1).

Cheiron répliqua que, comme ses collègues et lui connaissaient la lettre , il avait répondu en leur nom et d'avance à la signification qu'on venait de leur en faire ; aussi, qu'il n'avait plus rien à ajouter, si ce n'est de requérir respectueusement que sa réponse fût insérée dans le procès-verbal. Dans ce but, il en délivra une copie, signée de sa main , que le secrétaire de l'intendant enregistra. Après quoi , d'Aguesseau et les personnes de sa sa suite s'étant levés pour se retirer, le consistoire, en corps, les accompagna jusqu'à la dernière porte du temple, et cinq de ses députés les suivirent jusqu'à l'intendance.

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