‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 128 sur 227 · CHAPITRE XYIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIL

4683 ment, que sa vie fut sérieusement menacée; alors le consistoire ne vit d'autre moyen d'arrêter ce désordre séditieux que de lever immédiatement la séance et de se séparer*

La confusion , dès ce moment, se répandit audehors ; elle fut même rendue plus vive par l'arrivée d'une trentaine de ministres et de députés laïques du plat pays , qui vinrent spontanément à Nîmes, le 18 septembre , sans y avoir été convoqués (1). Ils se mirent aussitôt en relation avec Icard , Peyrol , Fonfroide et Brousson ; et , après s'être concertés, ils demandèrent au consistoire de se réunir en colloque pour délibérer , d'une part , d'aller prêcher à Saint-Hippolyte et dans les autres lieux où le culte avait été interdit , et pour approuver, d'autre part, la résistance armée qui avait déjà lieu dans les Cévennes , dans le Vivarais et dans le Dauphiné. Mais ce corps, trouvant fort étrange que les Eglises du colloque eussent résolu de s'assembler à son insu et sans la participation de celle de Nîmes, qui était le chef-lieu de leur réunion , et qui , selon l'usage constant et invariabl^^ avait accoutumé d'indiquer l'époque de ces assemblées, résolut de ne point adhérer à cette demande, par la raison que la conjoncture du temps exigeait de poursuivre incessamment la

(1 ) C'étaient de Laborie , pastear à Uzès ; Cbambon , à Âimargues ; Escofier, à Saint-Gilles ; Arnaud, à Vauvert ; Benoît, à Gongénies ; Rey, à Vergèse; Âbrenéthée et de Vignoles, au Caylar; Gibert, à Saint-Laurent ; Modens , à Marsillargues ; Marchand , à Beauvoisin ; Constantin, à Aigues-Mortes ; Bruguière, à Galvisson; Grizot, à Nages; et Gautier, à Montpellier.

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tenue d'un synode. Les députés consistoriaux ré- ^®^ sistèrent un moment à cette décision , qui , par sa nature et ses motifs y souleva dans leur esprit les plus graves soupçons sur la fidélité de leurs collègues nîmois ; cependant , par un reste de condescendance pour leur caractère, ils résolurent de solliciter eux-mêmes la permission de se réunir en colloque auprès du comte de Roure , qui commandait la province en l'absence du marquis de Montanègre , occupé à comprimer la révolte du Vivarais; ils lui envoyèrent, dans ce but, un ancien du consistoire de Vauvert , nommé Tempié ; mais ce commandant , au lieu d'adhérer à leur requête , leur défendit , sous peine d'être punis comme criminels de lèse-majesté et perturbateurs du repos public, d'assembler ni synode ni colloque. Cette ordonnance fut signifiée, le 48 du même mois, au consistoire de Nîmes , ainsi qu'aux députés du colloque (1).

Ces derniers eurent l'imprudence de n'en tenir aucun compte ; ils se réunirent, en effet, secrètement , dans la nuit du 2 au 3 octobre . chez un marchand de mousselines , nommé Vincent , pour aviser à ce qu'il y avait à faire dans des conjonctures si alarmantes et en présence de la persécution ouvertement déclarée; l'ardeur brûlante de leur âme les fit malheureusement sortir des bornes de la modération, puisqu'elle leur fit mettre en avant un projet qui ne tendait à rien moins

(1) Regist. du consist. — Ârch. de Thôtel de ville. — Mënard, t. VI , p. 275.

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