CHAPITRE XVIII
8« consulat , il fut frappé d'une attaque d'apoplexie qui lui ôta pendant quelque temps Tusage de la parole et qui^lui laissa la bouche contournée. Plusieurs de ses contemporains crurent qu'il pleura en secret sa chute , n'ayant ni assez de dureté pour y être insensible , ni assez de courage pour la réparer (1).
La récompense que reçut Pierre Paulhan fut la même que celle qui avait été accordée à JérémieFerrier, en 1613, puisqu'il fut pourvu comme lui d'un ojfBce de conseiller au présidial de Nîmes. C'était un homme de peu de mérite, sans aucune capacité intellectuelle et d'une moralité suspecte. Ses liaisons avec la cour étaient notoires; il avait trahi sa religion^avant de l'avoir abjurée. Un jour il avait réfuté en chaire son collègue Icard , homme plein de zèle et de piété, qui avait prêché qu'on devait se maintenir dans la possession du culte public sans avoir égard aux ordonnances qui l'interdisaient. Cette opposition ouverte contre les zélés avait soulevé de graves soupçons sur sa bonne foi, aussi le regardait-on généralement comme un homme gagné, qui servait la cour aux dépens de son troupeau et qui attendait l'occasion de faire quelque coup utile à sa fortune. Il employa la bonne opinion qu'il avait de lui-même à écrire contre ses anciens coreligionnaires ; dans une brochure intitulée : Discours sur l'ancienne discipline de F Eglise de Nîmes, après avoir établi la perpétuité de la foi dans l'Eglise romaine , par les statuts synodaux que publia l'évê-
(1) Hist. de Védii de Nantes, t. HI , liv. KXU, p. 816.
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que Bertrand de Languissel, en 1280, et par les *® monuments des temps antérieurs et postérieurs qui les lient à cette pièce, il essaya de rassurer ses frères réunis , en disant : « 11 ne doit rester à ceux qui aiment la paix de Jérusalem que le re- . gret d'avoir si longtemps entretenu une communion à part , et d'être si tard revenus à ce point de perfection où se trouve aujourd'hui le royaume', pour n'avoir plus qu'un même roi , qu'une même loi et et qu'une même foi (1). » Il mourut en4699. Dieu seul sait dans quelles dispositions d'esprit et dans quel état de conscience.
Toutefois , le clergé romain ne put pas se dissimuler que les conversions faites en masse et par ordre n'étaient que le résultat de la crainte et non de la conviction, et alors, par un reste de respect pour lui-même , il décida de travailler sérieusement à l'instruction des prosélytes ; dès ce moment, les missions intérieures furent organisées. Parmi les hommes qui furent envoyés à Nîmes, on remarque Armand de Montmorin et Joachim-Joseph de l'Estang , qui , l'un et l'autre , reçurent plus tard la mitre épiscopale , ainsi que les abbés de la Dobiaye et Tribolet. Ce dernier a écrit des lettres instructives et historiques , dans lesquelles il donne les renseignements suivants.
Les missionnaires furent d'abord regardés à
(1) Hist, de VéditdeNanteSyX m, p. 816. Ménard, t. VI, p. 363.