‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 138 sur 227 · CHAPITRE XYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIII

S86 détails de ce martyre (1), « d'achever ses études théologiques et n'avait pas encore reçu la consécration pastorale. Il se mit pourtant à prêcher, « comprenant , dit Jurieu , que quand la maison brûle , tout le monde doit mettre la main à l'œuvre pour éteindre le feu. » Rey avait eu soin d'écrire une lettre d'adieu à son père, sachant qu'il n'échapperait pas longtemps aux persécuteurs. Il fut, en effet, vendu par un misérable et arrêté dans la ville d'Anduze. On usa tout à la fois de promesses et de menaces pour le faire changer de religion. Les prêtres, les juges, l'intendant lui annonçaient toutes sortes de faveurs , s'il voulait abjurer; et un supplice terrible , s'il ne le voulait pas. Rey avait d'avance accepté le martyre. Il ne demanda qu'une seule chose : c'était de ne pas être mis en présence de son père et de sa mère., de peur que le cri de la nature ne le fît défaillir. — Quand on lui lut la sentence qui le condamnait à être pendu , après avoir été appliqué à la question , il dit : « On me traite plus doucement qu'on n'a traité mon Sauveur, en me condamnante une mort si douce; je m'étais préparé à être rompu , ou à être brûlé. » Et levant les yeux au ciel , il rendit grâces à Dieu. Ayant rencontré sur le chemin de l'échafaud plusieurs de ceux qui avaient abjuré , et les voyant fondre en larmes, il leur adressa de fraternelles exhortations. Il voulait confesser sa foi du haut du gibet, « mais on craignit, dit encore Jurieu, une prédication prononcée d'une telle chaire et par un

(1) HisL des protest de France, p. 428, édil. in-S®.

tel prédicateur , et Ton avait disposé autour de la *^ potence plusieurs tambours auxquels on ordonna de battre tous à la fois. )) Fulcran Rey mourut le 7 juillet , à l'âge de vingt-quatre ans.

Ce supplice, qui fut suivi de ceux de Manuel, de Nîmes , d'un facturier de la même ville , de l'un de ses ouvriers , et d'un autre habitait qu'on accusa d'avoir prié Dieu avec un prédicant qu'il avait reçu dans sa maison (1), occasionna des mesures sévères contre les relaps , c'est-à-dire contre ceux qui, après avoir abandonné la messe, retournaient à l'hérésie ; pour en arrêter le nombre , une déclaration de fidélité à l'Ëglise catholique fut déposée dans la maison du président de Montclus , et tous les chefs de famille convertis furent sommés d'aller la signer devant Chazel , procureur du roi, et Ghastang , son greffier. — Elle contenait une promesse à Dieu et au roi de professer la religion romaine de bonne foi, de participer à ses sacrements, d'en faire toutes les fonctions , d'y vivre et d'y mourir; et se terminait par une très-humble supplication à Sa Majesté de ne pas distinguer des anciens catholiques ceux qui la tiendraient fidèlement, mais de punir des peines les plus rigoureuses ceux qui la transgresseraient (2).

(1) Hist de Védit de Nantes, liv. XXIV, p. 995.

(2) L'original 4e cette pièce est dans les archives du consistoire ; elle

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