‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 144 sur 227 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

92 lit hospitalier , une alerte soudaine Tobligait à se lever pour courir dans les bois et se cacher parmi les broussailles , où il attendait des heures entières qu'un messager affidé vînt lui annoncer le départ des soldats; et cependant, par suite de la protection de Dieu, il échappa à toutes les poursuites, i

^3 Cette protection fut visible dans une circonstance particulière de sa vie , où il courut personnellement les plus grands dangers. A la fin de mai 4693 , il avait réuni dans une gorge de montagnes une assemblée nombreuse. Au milieu du service, les milices apparaissent à Timproviste ; cette fois-ci elles en voulaient au pasteur; Bâville leur avait ordonné de le prendre ; aussi leurs attaques combinées se dirigèrent contre lui , quand tout-à-coup , au milieu de la confusion et du tumulte , il disparut comme par enchantement. — Où s'est-il caché? s'écrièrent avec angoisse les chefs de l'expédition ; il faut le trouver, quoi qu'il en coûte.... Sur leurs ordres, les recherches les plus actives s'organisent ; tous les soldats y sont employés; ils sondent le terrain, ils en suivent minutieusement les détours, ils abattent les taillis , ils pénètrent avec des torches dans toutes les excavations ; plusieurs heures sont employées à ces perquisitions , qu'une pluie battante qui survient ne fait pas même suspendre, et le fugitif ne se trouve nulle part.... Ou'était-il devenu? Il s'était glissé inaperçu dans l'angle d'un rocher, contre lequel il se tint collé , dans im état d'immobilité parfaite, et les dragons étaient passés cent fois à ses côtés ; mais, frappés

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d'aveuglement , comme les Syriens qui furent en- *••< voyés par Ben-Hadab pour s'emparer d'Elie le prophète (1) , ils ne l'avaient pas aperçu.

Cet événement prodigieux fut cause que, par une ordonnance nouvelle du 16 juin , Bâville mit sa tête au prix de 500 louis d'or , comme perturbateur du repos public. Pour se disculper de cette accusation , Brousson lui écrivit une lettre , dans laquelle il lui disait : « Je ne suis ni un méchant homme , comme pourraient le certifier ceux qui ont été les témoins de ma conduite à Castelnaudary et à Toulouse ; ni un perturbateur du repos public, comme vous le dites dans votre dernière ordonnance ; mais un homme de bien, craignant Dieu et sans reproche; un fidèle serviteur de Jésus- Christ qui travaille à l'instruction , au salut et à la consolation de son peuple désolé. Je puis bien prendre encore à témoin le grand Dieu , qui connaît mes plus secrètes pensées , que c'est uniquement pour la crainte de son nom , comme pour les intérêts de sa gloire , de son service et du salut de son peuple , que je m'expose depuis si longtemps à tant d'alarmes et à tant de dangers dans

ce royaume C'est pourquoi je supplie votre

grandeur de cesser enfin de persécuter un innocent qui ne peut se dispenser de s'acquitter des devoirs de son ministère. Autrement, je déclare que j'appelle de votre ordonnance devant le tribunal de Dieu , qui est le Roi des rois , le souverain Juge du monde. Le Maître que je sers et pour

(1) 2 Rois, VI, 18.

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