CHAPITRE XIX
698 durant leur vie. » Cette parole s'est accomplie à son égard ; sa vie et sa mort sont demeurées au nombre des plus grands exemples du désert protestant au dix-septième siècle et des plus magnifiques pages de ses annales. Une brochure publiée à La
699 Haye en 1699 , sous le titre du Glorieux martyre de Claude Brousson, décrit la manière dont il édifia le commissaire, les juges, les gens de guerre, et la multitude du peuple qui en furent témoins, jusqu'au bourreau qui , d'après son propre témoignage , « se serait enfui , s'il l'avait pu , pour ne pas mettre à mort un si honnête homme, d
Cet événement tragique eut un douloureux retentissement dans les Eglises du refuge; une tristesse sombre et un deuil général se répandit en particulier dans le cœur des émigrés languedociens. L'un d'eux, le pasteur Peyrol, qui avait partagé les premiers périls de Brousson en 1685, apprit cette nouvelle un jour de dimanche où il devait monter en chaire dans la cathédrale de Saint-Pierre, à Genève; il la communiqua à son nombreux auditoire en versant d'abondantes larmes, occasionnées par les reproches que sa conscience lui faisait de n'avoir pas su marcher sur ses traces , pour avoir préféré le repos de l'exil au martyre de la patrie. Son émotion fut si vive que , rentré dans sa demeure, il se mit au lit, où il expira de chagrin quelques jours après (1).
(1) Rabaut jeune, Répertoire ecclésiastique, — Il existait encore, en 1850 , à Yverdun , dans le canton de Vaud , en Suisse , une demoiselle Brousson ; petite-iille de ce respectable éyangéiiste du désert qui ,
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