‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 157 sur 227 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

^4 ce que de Saint-Pierre , qui avait été envoyé à la cour, en revînt pour apporter au maréchal les réponses du roi aux demandes faites au sujet de Cavalier. Elles étaient toutes accordées, sauf la principale , qui était la liberté de conscience et de culte. Le chef caraisard , qui seul y trouvait son compte , les accepta par esprit de vanité ; mais Roland , Ravanel et Catinat , résistèrent ouvertement, déclarant qu'ils ne se rendraient jamais , si on ne rétablissait redit de Nantes. Villars, outré de ces prétentions, rompit aussitôt les négociations, et mit à prix la tête des trois récalcitrants. Cela ne les empêcha point de convoquer des assemblées religieuses ; il s'en tint une au Mas-de-Vignoles ,' à trois kilomètres de Nîmes, et une seconde dans les garrigues de Saint-Césaire, dans laquelle, dit La Baume : « On y prêcha, on y fit des prières, et on y chanta des psaumes pendant six heures. »

Cependant, après la reddition de Cavalier, les affaires des camisards dépérirent de jour en jour; Roland et cinq de ses meilleurs officiers furent tués au château de Castelnau, à trois lieues d'Uzès , par les soldats de Paratte , commandant de cette ville ; presque tous les autres chefs se rendirent au maréchal, et chacun d'eux fit son traité aux meilleures conditions qu'il lui fut possible.

f05 Villars quitta la province le 6 janvier 1705, et fut remplacé par le duc de Berwick, qui trouva le pays dans une tranquillité parfaite. Elle n'était pourtant que passagère , car une conjuration nouvelle se préparait en secret. Les bases en furent jetées dans la maison de Boëton , entre Ravanel ,

366 HISTOIRE DE l'ÉGLISB RÉFORMÉE DE NIMES.

Catinat , Vilas , Jonquet , Clari , Alizon et Alègre , et *W5 consistèrent dans la tentative d'un soulèvement général. De Berwick et de Bâville reçurent des avis certains sur ce qui se tramait presque à leur porte , et résolurent de faire fouiller dans la nuit certaines maisons de Montpellier, dont ils supposaient les maîtres capables de donner retraite aux mécontents. On trouva trois hommes suspects dans un cabaret , couchés dans la même chambre , dont Tun fut tué, l'autre fait prisonnier, et le dernier s'évada. Celui-ci ne tarda pas même à être pris, quoique , pour se rendre méconnaissable , il eût échangé son habit avec les guenilles d'un pauvre qu'il trouva couché dans la poissonnerie; pour sauver sa vie il fit des révélations importantes et offrit les moyens de faire arrêter les principaux des conjurés. Berwick accepta la condition , et lui demanda quelle voie il avait pour cela? Il répondit qu'il n'y en avait point d'autre que de le conduire à Nîmes , où Ravanel et Catinat devaient demeurer jusqu'au 20 du mois d'avril , dans une maison dont il ne pouvait désigner la rue, mais qu'il reconnaîtrait pour certain sur les lieux. Six dragons de Saint-Sernin l'escortèrent en poste et le déposèrent dans la citadelle. Le lendemain il conduisit Sandricourt à la tête des troupes des casernes et du fort réunies , chez un marchand nommé Alizon , où se trouvèrent Ravanel , Jonquet et Vilas , fils d'un médecin de Saint-Hîppolyte qui avait servi en Angleterre, en qualité de cornette, dans le régiment de Galloway. Le gouverneur les fit saisir, charger de chaînes et conduire dans la citadelle. Il s'em-

Page 1