‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 159 sur 227 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

^"7 Espagne pour soutenir la royauté chancelante de Philippe V, et, au scandale de toute la France, le duc de Roquelaure lui succéda dans le commandement du Languedoc; il y arriva le 19 mars, visita aussitôt les Cévennes, fit rendre les armes à ceux qui en avaient encore , et dans le cours de cette année et de la suivante tout se borna au supplice de quelques ^amisards.

08 L'année 1708 n'offre non plus aucun événement remarquable, si ce n'est son terrible hiver, qui fit périr par la gelée les vignes, les oliviers, les mûriers , toutes les plantes potagères et toutes les semences des champs. La famihe fut affreuse et générale ; les chemins et les carrefours se couvrirent de mendiants; les hôpitaux regorgèrent de pauvres, rendus malades par l'inanition; les révoltes éclatèrent ; les impôts furent refusés ; la contrebande se fit à main armée ; le pain d'avoine fut la nourriture des familles illustres, et celui de froment réservé pour le roi seul. Les camisards décimés, mais attentifs aux signes des temps, virent dans ces malheurs la main de Dieu frappant à la fois un monarque endurci et une nation superstitieuse.

ro9 En 1709 , une nouvelle tentative d'insurrection fut faite dans le Vivarais; mais le régiment de Boulai et deux compagnies d'Irlandais, sous la conduite de Roquelaure, dispersèrent les brigades camisardes , et leur espoir de réussir s'évanouit aussitôt que conçu.

Nîmes continua à courber la tête plus docilement que jaiaais sous le poids énervant de la force qui

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engendre la terreur ; sa population, en 1710, était ^740 moindre encore qu'en 1686, et pourtant, après de si longues luttes et une si cruelle persécution , plus de six mille de ses habitants professaient en cachette la religion réformée ; mais leur position était on ne peut plus déplorable. Pour assister aux assemblées religieuses, ils étaient obligés de s'évader de la vilm comme des criminels, et là encore, à défaut de ministres , ils n'entendaient que d'anciens camisards , qui , entraînés par les souvenirs de leur jeune âge, ne les entretenaient que de rêveries étranges et d'espérances sans fondement. Elles furent même complètement dispersées, en 1711, 1714 par la force des armes, de manière que la moindre 1742 trace extérieure de protestantisme n'existait plus , lorsque, l'année suivante, la paix d'Utrecht vint changer la face des choses, en permettant qu'un ouvrier nouveau fût envoyé dans le champ du Seigneur en friche pour le cultiver et l'ensemencer de sa parole; son nom était Antoine Court.

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