‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 16 sur 227 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

M vant Dieu ; elle se nommait alors M™e de Lers , laquelle , passant à Nîmes quelque temps après , la foudre la tua dans le logis de la Pomme. »

Les réformés de Nîmes, divisés par une contestation intérieure, eurent bientôt l'occasion de se réconcilier en présence d'un danger commun. Le vicomte de Joyeuse , que le roi venait d'établir son lieutenant en Languedoc, à la place de Villars, et sous l'autorité du connétable de Montmorency , se basant sur la déclaration confirmative de l'édit de Romorantin, appelée édit de Janvier, qui, dans son article second , défendait « de s'assembler dans les villes pour y faire prêcher, soit en public ou en privé, ni de nuit ni de jour, sous peine de vie et sans espoir de grâce, » voulut faire observer à la rigueur cette ordonnance. Il n'y eut donc plus d'alternative que celle-ci : ou renoncer à la profession publique de la foi évangélique pour obéir aux hommes , ou bien , écouter la voix de la conscience et leur désobéir. C'est ce dernier parti que prit le consistoire ; [il le fit sans hésitation , mais avec une certaine prudence , puisqu'il délibéra qu'on ne se réunirait provisoirement qu'en petit nombre et le plus secrètement qu'il serait possible.

Ces précautions et cette sage réserve ne purent point être observées pour la célébration de la fête de Pentecôte. Un nombre considérable d'auditeurs s'assembla, en effet, dans le jardin de la veuve

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Chapel, situé au faubourg des Jacobins; Arnaud Ali- ^^ zot , l'un des surveillants , prépara les tables pour la communion, et Ton y célébra deux services : Tun à la pointe du jour , que présida Mauget ; et l'autre à huit heures du matin, dirigé par Martin (barbe ou) , pasteur vaudois de l'Eglise détruite de Mérindol , qui était venu à Nîmes y remplir un ministère provisoire , à la suite du départ de Mutonis. Il était originaire de Val-Luserne, dans les vallées vaudoises du Piémont.

A la suite de là célébration de cette fête solennelle, une plainte fut portée au président de Calî vière , par Robert de Bruéis et Pierre Valette , sous ; forme de réquisitoire ou de cédule , dans laquelle ils disaient que ce que venaient de faire les religionnaires était de notoriété publique ; qu'en outre, il était constant que leurs autres assemblées se tenaient en plein jour, par des ministres venus de Genève , principalement dans sept ou huit maisons, et que dans celle de Robert Aymès , seigneur de Blauzac , qui les logeait, les nourrissait et les conduisait partout , il y en était mort un depuis peu de temps ; qu'enfin leurs enterrements se faisaient sans aucune gêne et aux yeux de tous; par suite de tout cela, ils requéraient ce magistrat de se transporter dans ces assemblées , pour y prendre les noms de ceux qui s'y trouvaient, afin de leur faire leur procès selon les édits (t). Mais les témoins que le président voulut entendre avant de faire aucune poursuite ne s'étant pas présentés , malgré

(1) Ménard, Hist de Nîmes, U IV, p. 301.

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