‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 17 sur 227 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

^< qu'ils eussent été assignés par huissier, l'affaire * n'eut pas d'autres suites.

Ce qui contribua à cette issue pacifique fut la publication de Yédit de Juillet, dû à l'esprit de justice et de tolérance qui animait le chancelier de l'Hospital , et qui , s'il ne permit pas encore le libre exercice de la religion, fit du moins disparaître les bûchers et les échafauds qui depuis si longtemps ensanglantaient le royaume. Aussitôt après la publication de cet édit, qui se fit à son de trompe , le 26 août , le consistoire décida que les assemblées particulières d'édification se réuniraient toutes ensemble chaque dimanche dans le jardin de la veuve Chapel , quand le temps serait beau , et dans le local de FEcole-Vieille , là où était établi l'auditoire de théologie , quand il serait mauvais.

Ce fut cette année-là que la confession de foi et la discipline des Eglises réformées de France furent transcrites par le notaire Guillaume de Champ, signées par les pasteurs , les surveillants et les diacres, et remises entre les mains du greffier du consistoire. De plus, comme la fête catholique de l'Assomption approchait , Mauget fut expressément chargé d'exhorter les fidèles, du haut de la chaire, à s'abstenir de toute sédition , ainsi qu'aux autres fêtes papales , leur montrant qu'il faut obéir aux magistrats dans ce qui n'est pas contraire à la Parole de Dieu. Enfin, comme les protestants de Montpellier avaient fait écrire, par leur pasteur Chassanion, au consistoire s'il ne trouvait pas à propos de s'emparer des églises, il leur fit ré-

pondre qu'on n'en prendrait aucune sans Tautori- ^^ sation de la cour (1).

Mais si telle était la résolution de ses membres, ce n'était pas celle du troupeau ; car, au commencement de septembre , lorsqu'un colloque se tenait à Poissy, entre cinquante-deux prélats catholiques et douze ministres protestants, il s'empara, sans émotion populaire , il est vrai , mais sans cette autorisation , (le l'église des observantins , située en dehors des remparts de la ville. Le culte s'y célébra, pour la première fois , le 5 octobre , devant plus de i trois mille personnes , comme cela est constaté par ' une lettre que le président de Galvière écrivit à la 1 reine mère à ce sujet. Le consistoire , une fois entré , malgré lui , dans une voie illégale , décida de garder cet édifice , au moins pendant la saison rigoureuse de l'hiver, en offrant aux moines du couvent de s'en servir en commun , ce qui fut refusé avec mépris. Le lendemain, un pasteur célèbre arriva de Genève : c'était Pierre Viret.

Page 1