‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 163 sur 227 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

^7 un collaborateur de Court dans l'Eglise de Nîmes , peut-être moins éclairé , mais aussi zélé et non moins courageux que lui-même ; il ajouta six articles au règlement de Tannée précédente.

18 En 1718, Lamoignon de Bâville, après avoir été pendant trente-trois ans l'administrateur suprême du Languedoc , se retira à Paris, âelon sa devise, toujours prêt et jamais pressé, il avait trouvé les moyens d'empêcher les assemblées religieuses, qui étaient d'en rendre, les communautés responsables, de condamner à des ariiendes solidair.es tous les habitants , de leur envoyer des troupes et de raser les maisons où ces assemblées avaient été tenues. Ce vainqueur de l'hérésie, qui était devenu sourd, morose et septuagénaire , pour faire ses adieux aux hérétiques d'une manière digne de lui , fit attacher au gibet , le 24? janvier , Etienne Arnaud , jeune homme de la plus. haute espérance, ce qui porta à seize les prédicants du désert qu'il sut immoler à son ressentiment implacable (1).

Louis-Basile de Bemage lui succéda dans l'intendance de la police, de la justice et des finances; il fut un administrateur vigilant, disposé à punir les coupables, ne s'arrêtant que devant leur nombre qui devint de jour en jour plus considérable. Ce qui manquait pour les évangéliser , c'était des prédicateurs; wi seul de tous ceux qui exis-

(1) Les quinze autres étaient : Fulcran Rey, Manuel Daignes , David Berthezène, Pierre Poisson, Dombres, Mazel dit Olivier, Bonneraère , Roussel « Etienne Plans , Colognac , Papus , Laporte , Henri Guerin , Pierre Plans et Claude Brousson.

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talent alors pouvait seconder Court, et il le fit effi- *''* cacement; il s'appelait Pierre Carrière, et avait pris le surnom de Corteis ; s'il ne s'était pas trouvé à la première convocation synodale , c'est qu'il était à cette époque auprès de sa femme , établie dans le Wurtemberg; à son retour, il s'associa à toutes les vues de son collègue , et fit tout ce qui était en son pouvoir pour les faire réussir. Tous les autres évangélistes étaient des hommes d'un certain âge et peu cs^pables, n'ayant reçu aucune instruction.

Pour leur donner des successeurs éclairés et pieux , le chef apostolique du désert cévenol chercha des jeunes gens dans les ateliers, les manufactures , les comptoirs, jusque derrière la charrue des agriculteurs. Il y en avait qui ne savaient pas même lire, et à qui il servit tout à la fois de maître d'école et de catéchiste. Mais un obstacle in-

vincible se présentait pour les admettre au ministère évangélique ; Court lui-même n'était pas consacré , et avec Durand , Crotte et Corteis , ils ne pouvaient que proposer la parole et non point administrer les sacrements; afin de remédier à ce fâcheux état de choses, ces évangélistes décidèrent que Corteis , l'un d'eux, irait à Zurich , en Suisse , pour ? y demander l'imposition des mains. A son retour, il consacra Antoine Court , \& 7 février, dans un synode qui ne compta pas moins de quarante-cinq membres présents, et ce fut ainsi que Corteis , Court et Jacques Roger (1) rétablirent la filiation

(1) Jacques Roger était né à Boissières, dans la Vannage, en 1675. Il

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