CHAPITRE XXI
26 que des trois pasteurs Court , Roger et Corteis , de huit proposants et de trente-six anciens ; elle consacra deux jours entiers à réviser les articles des règlements qu'avaient adoptés les synodes provinciaux, tenus depuis dix ans, soit dans le Vivarais, soit dans le bas Languedoc. Avant de se séparer, elle procéda à la consécration de Pierre Durand , qui avait déjà proposé pendant sept ans dans les Eglises sous la croix.
Mais comme avec un pareil synode , dont la tenue irrégulière , à cause des circonstances , exigeait une multitude de formalités, il fallait évidemment une autre juridiction dont la convocation fût prompte et facile , et qui pût s'occuper des mêmes matières , sauf à faire sanctionner ses décrets par ce dernier corps , il fut créé un conseil extraordinaire, pour affecter à chaque Eglise les pasteurs ou prédicateurs qui devaient la desservir, à l'imitation du conseil général, créé en juin 1594, sur l'invitation et d'après l'avis de Duplessis-Mornay, dont d'Aubigné donne le plan dans son histoire de France (1).
27 Le second synode national , qui se tint dans le Dauphiné, le 11 novembre 1727 , s'occupa spécialement du député général que les Eglises confédérées du Languedoc avaient envoyé, le 1^^ mai 1725, auprès des puissances protestantes ; il se nommait Benjamin Duplan , gentilhomme d'Alais ; sa mission à Londres ayant été reconnue utile et fructueuse pour solliciter des subventions auprès des
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rois étrangers, et pour les décider à intervenir au- ^"^ près de la cour de Versailles en faveur des malheureux religionnaires persécutés , il fut confirmé dans sa députation sous les conditions suivantes : qu'il se conformerait aux instructions qui lui seraient données par les synodes nationaux seuls ; qu'il se garderait de rien faire pour exciter le trouble dans les Eglises au-dedans ou au-dehors des Etats , se contentant seulement de représenter aux alliés de la couronne, et toujours d'une manière humble et soumise , la justice et l'équité qu'il y avait d'accorder aux protestants le libre exercice de leur religion, selon les mouvements de leur conscience.
Ce fut avec ce gentilhomme, qui rendit de si grands services aux Eglises , par ses démarches , par ses sacrifices , par ses écrits d'apologétique, et par son activité, que Court entretint une correspondance suivie; ils s'accusèrent et se défendirent réciproquement. Ce dernier écrivit à Duplan pour le reprendre sur ce qu'il fréquentait à Londres les prétendus prophètes et les inspirés qui y avaient cherché un asile, ce qui faisait supposer qu'il n'avait pas renoncé entièrement lui-même aux habitudes du fanatisme qu'il avait contractées dans les scènes du désert, dont il avait été le témoin. Duplan, à son tour, fit à son censeur des observations sérieuses sur les bruits qui couraient sur son compte et qui l'accusaient de perdre son temps, tantôt dans l'oisiveté auprès de sa femme , tantôt dans l'exercice immodéré de la chasse.
Court, éprouvant le besoin de se justifier, le fit