‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 172 sur 227 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

•44 Pierre Peyrot, Mathieu Majal , dit Désubas , et Jacques Roger. — Il y avait quatorze ans que la persécution mettait des obstacles à ce qu'un synode de ce genre pût s'assembler; pendant ce laps de temps , une accusation grave d'immoralité (1) avait été portée contre un pasteur du Rouergue, nommé Jacques Boyer , que le synode de cette province avait destitué.

Mais, dans l'impuissance où Ton s'était trouvé de faire légaliser cette peine disciplinaire, on avait été forcé de s'adresser aux pasteurs de la vénérable classe de Zurich , qui avaient répondu qu'il fallait convoquer un syiu)de national dans le Vivarais ; cependant les difficultés qu'il y avait de passer l'Ardèche dans une même barque , auprès de laquelle se trouvaient des gardes nuit et jour, empêchèrent que cette province fût choisie, et firent donner la préférence au bas Languedoc.

La guerre avait éclaté partout. L'on se battait sur le Mein contre l'armée anglaise et hanovrienne, commandée par le roi George 11 en personne ; en Alsace , contre le prince Charles ; en Flandre, contre Maurice de Saxe; et sur les Alpes, contre le roi de Sardaigne. Au milieu de cette conflagration générale, le synode, après avoir déclaré qu'il ne s'assemblait que dans le dessein d'éloigner toute désunion qui pourrait tendre à troubler la tranquillité publique , et de faire des règlements à l'usage des Eglises, ordonna la célébration d'un jeûne public dans le but de s'humilier extraordi-

(1) 11 s'agissait de la séduction d*une jeune fille.

nairement devant Dieu , pour implorer de sa grâce * W la conservation de la personne sacrée de Sa Majesté, le succès de ses armes , la cessation de la guerre et la délivrance de l'Eglise. Et comme en ce temps Louis XV était tombé très-dangereusement malade à Metz , tous les membres de rassemblée , en en recevant la nouvelle, se jetèrent à genoux pour demander à Dieu , par une prière , que Paul Rabaut prononça à haute voix, le rétablissement de sa santé , le changement de son cœur et le salut de son âme. C'est dans cet esprit, au reste, que fut constamment employée Tinfluence des synodes et des pasteurs ; et la conduite des troupeaux était conforme en tout point à ces directions pacifiques. La séance du 20 août fut consacrée au jugement de l'affaire de Jacques Boyer. Mais elle avait été mise en voie de conciliation par Antoine Court , « qui , voyant que tous les efforts des consistoires étrangers , réunis à ceux des hommes pacifiques de rintérieur, n'avaient pu ramener la paix dans ses chères Eglises, était parti de Lausanne sans communiquer son dessein à ses amis les plus intimes, sans prendre congé de personne , en s'entourant de toutes sortes de précautions pour sa sûreté individuelle , et qui par ses démarches s'étant assuré de l'innocence de Boyer, avait obtenu un compromis, i par lequel les deux partis extrêmes se faisaient des \ concessions réciproques (1). d La décision de ce grave conflit avait été remise , en effet , à quatre pasteurs et à quatre anciens , qui , en conséquence

(1) HisL des Eglises du désert , t. I, p. 291.

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