CHAPITRE XXIt. i
'46 obvié en grande partie à ces inconvénients ; en mon particulier , je n'ai rien négligé pour instruire solidement ceux qui ont été confiés à mes soins. Je me suis attaché surtout, après avoir établi les vérités fondamentales de la religion, à prêcher les devoirs les plus importants de la morale. J'ai fait des discours exprès sur l'obéissance et la fidélité dues au souverain... Il est vrai que les protestants ont beaucoup souffert en diverses provinces du royaume, soit en leurs personnes, soit en celles de leurs enfants , soit en leurs biens , et que cela pourrait faire craindre que les exhortations des pasteurs n'eussent pas tous les succès désirés ; mais votre grandeur me permettra de lui dire qu'on n'a rien négligé pour former les protestants à la soumission , à la patience et au détachement du monde (1). »
47 Cette lettre servit d'introduction au grand Mémoire des plaintes , qui fut déposé , dans le mois de janvier 1747, entre les mains de Lenain, pour qu'il le transmît au roi; il paraît qji'il ne parvint pas à son adresse , puisqu'il ne fut suivi d'aucune réponse , ni d'aucun adoucissement aux maux dont il réclamait le remède.
48 En 174-8, lorsque les Anglais achevèrent de détruire la marine française , qui luttait avec quarante
(1) Lettre de P. R., ministre de la Parole de Dieu danis le désert, à Mer Lenaia, intendant du Languedoc, 5 pages, déc. 1746.
406 HISTOIRE DE l'ÉGUSE RÉFORMÉE DE NIMES.
vaisseaux contre cent vingt , et qui fut anéantie au <748 combat de Belle-lsle, en vue du cap Finistère, la France soupirait pour la paix ; Maurice de Saxe , n'en voyant la conclusion possible que dans la ville de Maëstricht, se hâta de l'investir, et presque aussitôt les préliminaires de la cessation de la guerre furent signés à Aix-la-Chapelle. Les protestants alors jouirent de quelques moments de tranquillité, et purent réunir, dans le mois de septembre, le quatrième synode national, qui fut composé de plus de pasteurs et d'anciens qu'aucun autre dans toute la durée de ce siècle. 11 fit revivre presque tous les ' règlements disciplinaires qui avaient été adoptés à Charenton, en 1631 et en 164-5.
Si l'année 1749 fut comparativement calme et 1749 tranquille , celle qui la suivit fut par contre des 4750 plus agitées par la mise en vigueur des dispositifs de la déclaration de 1724. Dès le mois de novembre, en effet, les détachements militaires recommencèrent à parcourir la campagne , et rendirent impossibles les assemblées si nombreuses qui se réunissaient le jour du Seigneur. Celles de la semaine, quoique moins considérables, durent même devenir plus rares et plus secrètes , à cause des recherches minutieuses dont elles furent l'objet. C'est ainsi que, le 15 de ce mois, une réunion, convoquée audessus du Mas-de-Granon , fut dispersée par les soldats. Le 22 , ils se saisirent de plus de deux cents personnes qui écoutaient une prédication du pasteur Pradel, du côté d'Uzès; cinq d'entre elles furent condamnées aux galères perpétuelles. Deux femmes , Domergue-Clair et Françoise Barre, furent