CHAPITRE XXIII
Paul Vincent.
760 Antoine Court mourut en 4760, à l'âge de quatre-vingts ans , et laissa un fils, Court de Gébelin ,
4âS HISTOIRE DE l'ÉGUSB RÉFORMÉE DE NIMES.
qui , après avoir occupé la chaire de théologie mo- *'3f60 raie au séminaire de Lausanne, alla s'établir à Paris en qualité d'agent général, pour les intérêts communs des Eglises.
Cette même année , Paul Rabaut reçut pour collègue Paul Vincent, originaire de Congénies, à qui il avait lui-même imposé les mains , le 26 février 1756, et qui par cela même avait exercé quatre années de ministère dans le désert, au milieu des plus grands périls.
Un de ceux auquel il n'échappa que comme par miracle , le menaça à Ganaules , près d'Anduze , village qui fut investi au moment où il y était logé chez l'un de ses amis , nommé Franc. Le curé du lieu vint spontanément à son aide , lui offrant asile et sûreté dans sa propre maison , et , s'il le fallait, dans l'Eglise et jusque sous l'autel. Mais Franc, moins confiant que lui, ne fut pas d'avis qu'il acceptât cette invitation , méfiance qu'il paya lui-même par une arrestation et par une longue captivité à Montpellier, dans le même cachot où avait été renfermé Teissier, dit Lafage , avant son martyre. — Vincent prit donc la résolution de s'éloigner. Il était nuit. Au sortir du village, et sur Taire même de Jean Franc, une sentinelle lui barra le passage et voulut le conduire au commandant. Il fit difficulté de s'y rendre , et tenta même de s'évader ; le soldat lui lança alors un coup de baïonnette qui , heureusement, passa entre son bras et son corps ; son habit fut seul percé. Aussitôt il se dégage, laissant son mouchoir et son chapeau sur la place , franchit un fossé sans