‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 191 sur 227 · CHAPITRE XXIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIY

72 1772, une foule d'hommes distingués sortirent tout-à-coup des rangs populaires et ébranlèrent Tordre des choses existant ; malheureusement , comme dans leurs attaques audacieuses ils confondirent trop souvent le bien avec le mal , dans le but de frapper TEglise romaine dans ses abus , ils ébranlèrent le christianisme lui-même dans ses

73 plus nobles fondements , et rendirent , en 1773, une révolution sociale et religieuse imminente. a Louis XV demeura indifférent et insensible au milieu de ces graves événements , donnant à tous le spectacle de ses honteuses débauches, et l'exemple plus dangereux encore de n'en pas rougir ; aussi, dévoré d'ennuis, blasé sur les plaisirs, dégoûté de toutes choses, il mourut de la petite-vé-

74 rôle, le 10 mai 1774-, à l'âge de soixante-quatre ans. »

Le lendemain , le vertueux Louis XVI monta sur le trône, alors qu'il n'avait encore que vingt ans. Il jura, lors de son sacre à Reims, d'après la formule sacramentelle, d'exterminer les hérétiques. Et comme ce serment, outrageant pour les idées de l'époque, fut suivi d'un dénombrement général des protestants du royaume , cette mesure , dont on ne connaissait pas le motif, répandit une alarme si sérieuse, x\ue les Eglises du Languedoc décidèrent d'adresser au monarque un mémoire respectueux pour le supplier de répandre sur elles les effets de sa clémence et de sa protection. Celte requête lui fut remise par le vieux Maurepas , qu'il avait placé à la tête de son conseil , et comme à un cœur droit il joignait des intentions généreu-

ilâ HISTOIRE DE l'ÉGLISE RÉFORMfiB DE NIMES.

ses , il fil écrire au comte de Clermonl-Tonnerre , <TO intendant du Dauphiné, par le maréchal de Muy, secrétaire d'Etat de la guerre , que son intention, en ce qui concernait la religion réformée , était de traiter avec douceur ceux qui la professaient, et de ne punir ni les délits, ni les délinquants.

Par suite de ces dispositions pacifiques , il appela 4775 dans son conseil, au commencement de 4775, Turgot, Lamoignon de Malesherbes, Hue de Miromesnil , le comte de Saint-Germain et de Vergenne, que.Maurepas, qui se tenait en garde contre les courtisans , lui recommanda comme des hommes d'un esprit ferme et judicieux, dont les vues politiques et sociales étaient propres à satisfaire l'opinion publique.

Les alarmes ne cessèrent pas cependant complètement encore. Le bruit se répandit à Nîmes et dans les environs que les notes statistiques demandées sur les baptêmes , mariages et sépultures des protestants , allaient servir , entre les mains de leurs ennemis , à contester leur nombre et à combattre leur accroissement ; on ajouta que partout les prêtres, chargés avec les consuls de faire ces dénombrements, s'appliquaient à en amoindrir les résultats... Des sévices inqualifiables venaient en outre atteindre les individus les plus paisibles ; c'est ainsi qu'un père de famille de Nîmes , nommé Roux , se vit enlever ses deux enfants, qu'il réclama vainement auprès des ministres d'Etat, et que l'intercession active de Court de Gébelin empêcha seule d'être conduits dans les couvents de Vienne.

11 fallut des émeutes graves , dont la cherté des

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