‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 192 sur 227 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

'"^o blés fut le prétexte , pour adoucir le sort des protestants; le conseil du roi, craignant, en effet , que de pareilles scènes se renouvelassent dans le midi de la France , eut la sagesse d'inviter , en

f76 4776, les pasteurs de Nimes à travailler au maintien de la tranquillité publique ; ils le firent en concertant entre eux des mesures de conduite d'une sagesse remarquable , qui consistèrent à ne point parler dans leurs sermons de la cherté des subsistances , encore moins des émeutes qui avaient éclaté en diverses provinces , mais à inculquer seulement Ist fidélité envers le prince et la charité envers le prochain, sans appliquer ces instructions générales aux circonstances particulières.

f77 Quoique dans les conseils que l'archevêque Loménie de Brienne donna au jeune monarque après son sacre , se trouve celui-ci : « Ne différez pas , sire , d'ôter à l'erreur l'espoir d'avoir parmi nous des temples et des autels ; ordonnez qu'on dissipe les assemblées schismatiques des protestants ; excluez les sectaires, sans distinction , de toutes les branches de l'administration publique, » Louis XVI ne suivit pas ces directions données par un prélat intolérant, puisqu'en 4777, époque de la mort de Louis Phélipeaux, comte de Saint-Florentin, duc de La Vrillière, il appela Jacques Necker, ministre résidant de la République de Genève , à la direction générale des finances , quoiqu'il fût protestant. Dès ce moment. Tin-

444 HISTOIRE DE l'ÉGLISE RÉFORMÉE DE MUES.

fluence de Paul Rabaut grandit dans la province , ^^^^ puisqu'on Tannée 1778, le comte de Périgord, intendant à Montpellier , s'adressa constamment à lui, par l'intermédiaire de son subdélégué de Nîmes , toutes les fois qu'il y eut des plaintes portées contre quelque Eglise ou contre quelque pasteur , surtout lorsqu'il eut quelque ordre à donner ou quelque défense à faire ; et toujours il s'acquitta de ces commissions de manière à rendre le repos des Eglises plus complet et la confiance envers le gouvernement plus grande.

Saint-Etienne, de son côté, s'occupait à éman- 477s ciper ses coreligionnaires des entraves qui s'opposaient encore à la jouissance de leurs droits civils comme citoyens français. Il préluda à ses travaux sur la tolérance , par la publication d'un ouvrage -^ très-remarquable , intitulé : Le vieux Cévenol , dans lequel il plaça , dans un cadre historique, l'applica- \ tion de toutes les lois ridicules ou barbares rendues depuis la révocation de l'édit de Nantes, pour en faire ressortir toute l'injustice et l'absurdité. Il le livra à l'impression à Londres, en 4779, et malgré toute la surveillance active du gouvernement, qui empêchait encore qu'aucun livre de ce ; genre n'entrât dans le royaume , il fut lu par beaucoup de publicistes , et contribua à éclairer les esprits sur les rigueurs de l'intolérance et les aberrations étranges qu'elle produit.

A cette époque mourut Prudent de Becdelièvre , évêque de Nîmes ; il avait succédé à Rousseau de la Parisière en 4737; il occupait donc son. siège épiscopal depuis quarante-cinq ans , et pendant ce j

Page 1