‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 21 sur 227 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

►68 Ce succès était trop rapide pour ne pas provenir plutôt de Texaïtation de l'esprit, que de la conversion véritable du cœur ; ce qui le prouve , c'est que les trois pasteurs cherchaient d'un commun accord l'occasion de se retirer de l'Eglise. Martin voulait retourner à Mérindol pour ne pas être taxé d'ingratitude envers sa patrie d'adoption; Mauget, voyant que ses travaux n'étaient pas appréciés , pensait sérieusement à demander sa démission; Viret était sollicité par les Eglises de Montpellier , de Montauban et d'Orléans , à venir dans leur sein pour les fortifier et les étendre (1). Le consistoire, alarmé par cette disposition d'esprit de tous ses pasteurs, s'assembla pour y remédier , le 8 janvier , dans la maison de Pierre Chabot , avec Sarrazin et Chassanion , pasteurs de Montpellier, ainsi qu'avec les vingt-quatre membres d'un conseil extraordinaire, qu'il avait créé pour' lui venir en aide dans les cas difficiles. Et là il fut décidé , d'une voix unanime , que Mauget ne pouvait quitter une Eglise qu'il avait fondée et à laquelle il avait rendu de si grands services ; que Martin pouvait retourner à Mérindol, puisque sa conscience lui en faisait une obligation ; et que Léonard Favier , avocat , et Pierre Cellérier , troisième consul , partiraient immédiatement pour Genève , afin d'obtenir des directeurs de cette république l'autorisation de garder Viret (2).

(i) Lettre de Viret à Calvin.

(2) Journal anonyme, cité par Ménard , Preuves hist, t. IV, p. 27.

Comme Tédit de Janvier ordonnait. à ceux de la nouvelle religion de rendre immédiatement les églises dont ils s'étaient emparés , et défendait , sous peine de vie et sans espoir de grâce ou rémission , « d'abattre et démolir croix , images , et faire autres actes scandaleux et séditieux , » et qu'une déclaration du . 20 octobre l'avait confirmé , le comte de Crussol , qui venait d'être nommé lieutenant général dans le Dauphiné, dans la Provence et dans le Languedoc, avec mission spéciale de pacifier les troubles religieux, fut naturellement chargé de le faire exécuter à Nîmes, où il venait d'être si ouvertement violé. Aussitôt que les habitants de cette ville en furent informés , ils lui envoyèrent trois députés : François de Montcalm , sieur de Saint-Véran; Guillaume Roques, conseiller au présidial , et l'avocat Pierre Rozel , pour l'informer de l'état des choses. Le consistoire , de son côté , chargea Viret de lui écrire dans le même but.

Les députés le rencontrèrent à Donzère , accompagné de Fumée, maître des requêtes , et de deux conseillers du parlement de Paris. Il leur déclara sa ferme volonté de faire exécuter par les deux partis religieux indistinctement les ordres du roi , et leur témoigna le désir d'avoir une conférence avec les consuls et les juges de Nîmes , afin d'aviser de concert aux moyens de faire cesser les troubles. Aussitôt que ces derniers en furent avertis , ils envoyèrent Louis Bertrand , Vidal d'Albenas ,

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