‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 23 sur 227 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

562 François de Montcalm , seigneur de Saint-Véran , dans le but d'en interpréter quelques ambiguités ; car cet édit provisionnel ne fut pas plutôt dressé, que plusieurs difficultés s'offrirent à l'égard de son exécution, non-seulement du côté de ceux de l'Eglise romaine, qui dès-lors résolurent d'empêcher par toutes sortes de moyens qu'il ne fût pratiqué ; mais aussi de la part de ceux de l'Eglise réformée qui avaient espéré obtenir d'avantage, et qui se plaignirent qu'en les renvoyant aux faubourgs des villes on rendait leur condition pire qu'elle n'était auparavaùt, puisque dans une infinité de lieux on prêchait publiquement dans des temples situés dans l'intérieur des murailles. Déjà, des démarches actives et des réclamations sérieuses avaient été faites auprès du procureur général Bourdin , par des députés qui s'étaient rendus à Saint- Germain-en-Laye , et qui , après avoir longuement conféré avec lui , avaient écrit à toutes les Eglises, en accompagnant leur lettre d'avis et de conseils sur l'exécution des principales clauses, de l'édit.

Le synode , composé de soixante-dix membres , mit neuf jours à les examiner , au bout desquels il arrêta les résolutions suivantes : — de rendre sans difficulté les églises et les biens ecclésiastiques qui avaient été usurpés ; — de ne plus abattre les images , brûler les croix et faire aucun acte scandaleux , parce que l'office des ministres était de détruire les idoles du cœur des hommes uniquement par la prédication de la Parole de Dieu ; — de ne plus s'assembler de jour ou de nuit dans les villes, par le motif que cette prohibition n'empê-

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chait, ni le culte de famille, ni la réunion des con- *2 sistoires, ni les propositions des étudiants en théo* logie; — de ne porter aucune arme dans les assemblées religieuses , parce que le combat du chrétien doit se faire par le moyen des armes spirituelles, qui sont la prière et la patience, les seules dont il puisse se servir contre les adversaires de la vérité ; — de ne recevoir membres de l'Eglise, que les personnes dont on connaîtrait la vie et la condition; — d'offrir aux magistrats des places dans les assemblées, qui ne seraient occupées en leur absence par aucune personne privée ; — de ne tenir aucun consistoire ni synode sans la pré* sence d'un officier du roi , parce qu'il ne s'y délibérait rien qui ne pût être connu de tous; — d'observer les lois politiques , les fêtes honorables et les degrés de consanguinité dans les mariages , vu que la liberté de conscience n'y est pas intéressée, et que l' Apôtre veut qu'on use de son droit sans scandaliser son prochain ; — de prêter serment , entre les mains des officiers du roi, qu'on observerait l'édit et qu'on ne prêcherait autre chose que ce qui est contenu dans le symbole de Nicée et dans les livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau-Testament , mais qu'on ne le ferait seulement que par le nom du Dieu vivant ; — d'user d'une telle modestie dans les controverses que chacun pût comprendre qu'on n'avait en vue que l'édification et non pas une attaque directe contre les personnes ; — de ne propager nulle part l'Evangile par la violence , mais seulement par la persuasion. — Enfin, de ne receler aucune

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*^* personne poursuivie ou condamnée pour sédition, parce qu'il était obligatoire aux chrétiens de montrer qu'ils n'étaient ni receleurs , ni fauteurs des méchants, mais au contraire ennemis de tout ce qui répugne à la volonté de Dieu (1).

Le synode termina ses nombreuses séances par la célébration de la sainte cène , et par la consécration au ministère évangélique des quatre proposants : Pierre de La Jonquières , Bernard Rougier , Antoine Reillan et noble Guillaume de Baijac.

Le lendemain de cette cérémonie qu'il présida , Viret partit pour Montpellier, où il prêcha le 48 dans le local de la Loge , devant un concours prodigieux de fidèles, parmi lesquels on compta plusieurs médecins et chirurgiens célèbres , entre autres jRondelet , Saporta, Joubert, Feyne, Trial et Michel Hérouart (2).

Son absence , qui ne devait être suivie que d'un retour passager, décida le consistoire à donner deux nouveaux collègues à Mauget , et il jeta les yeux sur Jacques de Chambrun et La Source, qui, se trouvant l'un et l'autre à Genève , ne purent arriver, le premier que le 29 mars , et le second que le 20 juin suivant.

Dans la même séance, ce corps vénérable , plein

(1) Béze, Hist eccL, t. I, p. U%.

(i) Bayle, Dict, hist., article Viret^

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de soUicitudepour les besoins des pauvres, délibéra, <* pour augmenter les secours nécessaires à leur soulagement, que les notaires de la ville seraient avertis de recommander aux testateurs de faire des legs en leur faveur. 11 statua encore que les cartels des baptêmes et des mariages seraient transcrits avec soin sur des registres spéciaux qu'on renfermerait dans un coffre dont chaque pasteur aurait une clef.

Le local de THôtel-Dieu , où Ton tenait les assemblées publiques , étant devenu insufiîsant , on décida de se réunir le 4^^ mars dans l'enclos de Brignon, au faubourg des Augustins ; un ministre de Vauvert, nommé Evesque, célébra le premier service ; et Pierre de La Jonquières, consacré quinze jours auparavant, officia au second devant six à sept mille auditeurs.

Ce fut le jour où le duc de Guise , • qui avait quitté la reine depuis la tenue des Etats-Généraux à Orléans, le 13 décembre 4560 , s'étant décidé à retourner à Paris pour chercher à ressaisir le pouvoir , aiViva à Vassy en Champagne, accompagné du cardinal de Lorraine , et fit massacrer deux cent soixante huguenots, réunis dans une grange du faubourg, parce qu'ils avaient refusé de cesser le chant des Psaumes pendant la célébration de la messe à laquelle le duc et sa suite assistaient. Ce massacre devint le signal de la première guerre de religion. Les protestants , en effet, justement alarmés , formèrent pour se défendre une association dont le prince de Condé fut le chef, ayant sous ses ordres le comte de Grammont en Gascogne , Jean

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