‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 25 sur 227 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

^^ r^ardant ces signes comme les indices d*une prochaine persécution.

Us ne furent pas tout-à-fait trompeurs, « car, dit Théodore de Bèze, les guerres civiles commencèrent |dans ce temps-là par le massacre de Vassy , perpétué par le duc de Guise , qui fut la première occasion de toutes les calamités qui s'en sont suivies. Ce fut encore le même jour que le prince de Condé , étant à Meaux , se mit aux champs pour la conservation de l'Etat et de la religion tout ensemble contre le triumvirat (1) » , c'est-à-dire contre l'alliance formée en février 1561, entre le duc de Guise, le connétable de Montmorency et le maréchal Saint-André , dans le but d'exterminer les hérétiques , alliance qui se mit sous l'influence secrète de Philippe II, roi d'Espagne, qui, pour établir le triomphe du catholicisme dans toute l'Europe , fomentait l'anarchie en France (2).

Toutefois, cette terreur panique fut de courte durée , puisque , malgré les engagements pris , et par suite du vœu qui en fut exprimé dans le troisième synode national , tenu à Orléans le 25 avril , le conseil de la ville de Nîmes décida que les églises seraient de nouveau données aux réformés. Le 13 mai, en effet, ils tinrent une assemblée dans celle du collège; le 44, ils se rendirent au son de la cloche dans celle de Sainte-Eugénie, et le 47

(1) Hist. eccl.j lif. X.

(2) Prion, HisL. chron. de l'Egl, proU de France, 1. 1, p. 79.

la fête de Pentecôte fut célébrée dans la cathé- <^ drale (1).

Des mesures regrettables de rigueur furent, en . outre, prises contre le clergé. Les consuls ordonnèrent que les cloches des couvents seraient apportées à la maison de ville , et ensuite fondues pour en faire des pièces d'artillerie ; que les couvents eux-mêmes seraient loués au profit du roi (2). De plus, les reliquaires furent mis en vente, et , quelques jours après , « fut crié à Nîmes, au témoignage de Jean Deyron , que les pr^res qui ne voudraient pas se joindre à l'Eglise réformée , eussent à vider la ville (3). »

Le 21 du même mois , Viret revint de Montpellier; il prêcha trois jours de suite dans la cathédrale pour faire ses adieux , car il partit le 25 pour Lyon. Les succès qu'il obtint dans cette ville furent prodigieux. « Il prêcha en pleine rue , dit Melchior Adam (4) , et comme sa dialectique était entraînante , il convertit plusieurs milliers d'âmes à la foi en Jésus-Christ , seul Sauveur du monde ; et par la sainte force de son éloquence , il arrêtait ceux qui passaient par-là sans dessein de l'entendre, et les engageait à l'écouter jusqu'à ce qu'il eût fini. })

Pendant son séjour dans cette ville, le quatrième synode national s'y assembla, le 10 mars 1563 , et

(1) Journal de Balthazar Foumier.

(2j Arch. de Khôtel de ville.

(3) Journal de Jean Deyron.

(4) In vit theol, extern, ^ p. 111. — Bayle , Dkt hist, — Ruchat, p. 383.

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