‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 29 sur 227 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

îî mîère bataille rangée, dans laquelle les huguenots, commandés par Condé, Coligny et Dandelot, furent vaincus par les catholiques qui étaient sous les ordres du connétable de Montmorency, du duc de Guise et du. maréchal Saint- André, les trois hommes du triumvirat. Saint-André fut tué ; Condé, blessé au visage par un coup d'épée, fut fait prisonnier par le duc de Guise, et séparé par cela même des hommes austères du parti calviniste.

>3 Trois mois après, Catherine de Médicis profita de cet isolement pour le gagner par ses artifices et lui faire signer le traité d'Amboise , qui fut publié le 19 mars 1563. Lorsqu'il fut connu, il plongea dans la stupeur les pasteurs de Nîmes , qui étaient : Mauget, de Chambrun, La Source et Pierre d'Aspères. Il détruisaj^ , en effet , le droit général , établi par Tédit de Janvier, pour n'accor- 1er que le culte domestique ; c'était parquer , comme le dit M. de Félice, les disciples de la Réforme comme des pestiférés dans un lazaret. Calvin , Théodore de Bèze , Viret , en furent indignés, et Tamiral Coligny s'écria : « Voilà un trait de plume qui renverse plus d'Eglises que les forces ennemies n'en auraient pu détruire dans dix ans. »

Tout ne fut pas détruit cependant ; il y eut , au contraire , une suspension d'armes qui permit au consistoire de Nîmes de réorganiser le collège des Arts, en lui donnant le pasteur Mauget pour principal, à la place de Tuffan qui s'en était démis.

, Au milieu de ce calme passager , un deuil public fut occasionné par la mort de Poldo ou de Paul

d'Albenas. C'était l'un des douze conseillers établis ^^63 en 4552, par l'institution du présidial, et l'un des plus zélés partisans de la Réforme, qu'il avait toujours soutenue avec beaucoup de feu dans les assemblées politiques et principalement aux Etats* Généraux du royaume qui s'étaient tenus à Orléans, en 1560. Il avait publié plusieurs ouvrages remplis d'érudition , et qui servent encore aux archéologues pour déterminer l'origine et la destination des nombreux monuments antiques , dont il reste de si beaux vestiges dans la colonie nîmoise fondée par Auguste-le-Grand.

A celte perte individuelle ne tarda pas à se join- 456^ dre un malheur public : la peste fit une sixième invasion en 4564 , et Pierre d'Airebau douze , qui avait été appelé par le consistoire pour remplacer Pierre d'Aspères , qui n'était demeuré dans l'Eglise que pendant un an , se joignit aux pasteurs déjà établis , pour exhorter les pestiférés à s'adresser à Jésus-Christ, qui seul, par sa puissance, peut gué^ rir les corps et sauver les âmes. Le jésuite Colonia dit, dans son Histoire littéraire de Lyon, c qu'il était archidiacre d'Anduze avant d'avoir embrassé les nouvelles erreurs. » 11 appartenait à la famille noble d'Airebau douze , qui acquit, le 7 juillet 4539, de Févêque du Puy la moitié de la terre et seigneurie d'Anduze , et l'autre moitié du marquis de Canillac , le 30 juin 4547. Avant d'arriver à Nîmes, il avait été envoyé à Lyon par Calvin , où il avait contribué au développement de cette Eglise , en y prêchant dans une maison , située au coin de û . place des Cordeliers et de la Grenète, dont la cour,

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