‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 30 sur 227 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

54 ombragée de tentes , servait de temple aux protestants.

Quoique ces derniers n'eussent obtenu aucune garantie de sécurité par Fédit de pacification rendu à Amboise, Catherine de Médicis les craignait trop pour les attaquer à force ouverte. Aussi eut-elle recours à la ruse , en cherchant d'un côté à détacher le prince de Condé de leur cause , et en accusant de l'autre Coligny d'être le complice de la mort du duc de Guise, qu'une balle tirée a bout portant , par Jean Poltrot de Meré , avait tué ; mais ces deux tentatives ayant échoué , elle eut recours aux lois restrictives , et par une déclaration' du 24 juin , dans laquelle on employa pour la première fois la nouvelle dénomination de religion prétendus réformée, donnée dans tous les actes of&ciels subséquents, jusqu'au règne de Louis XVI, à la religion protestante , l'exercice du culte public fut interdit dans les lieux de résidence royale (1).

Ce ne fut pas tout ; car la reine mère , qui avait fait déclarer son fils majeur dans un lit de justice tenu au parlement de Rouen, le 17 août 1563, quoiqu'il n'eût que treize ans et deux mois, lui fit parcourir, d'après le conseil qu'en donna le chancelier de L'Hospital, les provinces du royaume , afin de réchauffer le zèle des catholiques et d'intimider les protestants. Après avoir traversé des villes dé-

(1) Drion, Hist. chron, de VEtjl. prott t. I, p. 106.

truites et des campagnes dévastées par la guerre ^^ civile , au milieu des réjouissances , des festins et des spectacles, Charles IX fit son entrée à Nîmes le 24- décembre 1564.

Il y fut reçu en triomphateur par tous les habitants , sans distinction de culte (i). Logé à Tévêché , le consistoire fut admis en sa présence après les consuls. Mauget lui exposa les besoins de l'Eglise , protesta de la fidélité de ses coreligionnaires au gouvernement de Sa Majesté , et obtint l'autorisation de bâtir un temple. -

La cause de cette faveur inattendue fut, comme le dit M. Mignett, dans son Histoire de Marie Siuart, le projet étrange, qui fut mis en avant à cette époque, d'unir la reine Elisabeth d'Angleterre, quoique protestante et âgée de plus de trente ans, avec le roi de France , qui était catholique et n'avait pas atteint sa quinzième année. Cette négociation, ouverte à Londres par Paul de Foix , ambassadeur français, ayant échoué, Catherine revint à l'alliance espagnole, et se rendit de Nîmes à Bayonne, où elle avait donné rendez-vous à sa fille, reine d'Espagne , pour mettre ce projet à exécution.

Ce fut en séjournant à Toulouse que, le 13 mars 1565 1565, le roi expédia les lettres patentes qui autorisaient les réformés de Nîmes à acheter deux endroits pour y bâtir un temple : l'un situé dans la rue de la Madeleine , et l'autre sur la place de la Calade (2), et qui leur permettait de lever sur

(1 ) Journal de Balthazar Fournier.

(2) Le premier local était une masure et jardin appartenant à Roque-

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