‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 32 sur 227 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1566 tité du prix de leurs achats , enfin des legs obligatoires des testateurs.

Les abjurations étaient nombreuses et quotidiennes ; les prosélytes se présentaient au consistoire pour déclarer qu'ils renonçaient « à la messe et à toute idolâtrie papale , » et demandaient à faire profession publique de la vraie religion évangélique ; lorsque le degré de leur croyance et la moralité de leur conduite étaient suflGsamment constatés , ils étaient reçus avec solennité le dimanche après le service divin.

Le consistoire était un véritable tribunal de mœurs ; il faisait appeler par l'avertisseur tous ceux qui étaient signalés par les surveillants comme ayant contracté des mariages mixtes; — ou comme envoyant leurs enfants à des écoles catholiques ;

— ou comme coupables de scandales , de fornication, d'adultère, de jurements, de profanation du dimanche, de disputes, de brouilleries et de duel;

— ou comme ayant assisté à des danses, à des comédies et à des mascarades ; — ou comme étant dans l'habitude de fréquenter les cabarets , les jeux et les brelans ; — ou enfin comme négligeant d'assister aux assemblées rehgieuses et de participer à la sainte cène. Chaque procédure morale s'instruisait avec soin , sans précipitation , mais aussi sans lenteur; on ne jugeait aucun accusé sans l'entendre; on assignait les témoins à charge et à décharge , et, après avoir fait retirer tout le monde, on prononçait sur sa culpabilité ou sur son innocence. Les diverses peines infligées aux délinquants étaient : la censure, — la suspension de la sainte

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cène sans nomination publique , — la suspension ^' avec nomination du haut de la chaire , — et l'excommunication ou retranchement de TEglise. La sentence n'était cependant jamais irrévocable, et chacun pouvait en interjeter appel, soit au colloque , soit au synode. — Une porte était même toujours ouverte à la repentance , puisque , lorsque le condamné à quelque peine ecclésiastique que ce fût se présentait au consistoire pour faire réparation de sa faute , il était aussitôt reçu à la paix de l'Eglise; mais on lui imposait pour cela, et selon les cas, une confession de ses torts, soit en particulier, soit en public, quelquefois les genoux en terre derrière la table de la communion.

Chaque séance du consistoire se terminait par assigner aux membres présents diverses charges : les uns devaient visiter des familles divisées pour les réconcilier, d'autres des individus tièdes pour réveiller leur zèle ; deux anciens étaient régulièrement désignés pour surveiller les prisons, le collège et l'hôpital des malades.

Ce corps ne se borna pas toujours à s'occuper des affaires religieuses de son ressort : à mesure que son pouvoir grandit, il empiéta sur le domaine du gouvernement civil et crut pouvoir prendre des mesures pour la défense de la ville (4), pour élire des capitaines de quartier (2) , pour ordonner, qui plus est, des levées d'argent, dans le but de solder les troupes (3). En un mot, la police , la

(1) 18 octobre 1561.

(2) 25 octobre 1561.

(3' Novembre 1562,

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