‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 33 sur 227 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1566 garde de la ville , l'inspection sur la conduite des habitants , toutes les affaires majeures de la cité , et par conséquent presque toutes les attributions , tant des autorités municipales que des autorités royales , devinrent graduellement Tobjet de ses délibérations , de ses votes et de ses règlements (i).

Le consistoire se renouvelait intégralement toutes les années ; mais les membres sortants formaient à part un corps désigné par le nom de vieux consistoire , qui se réunissait toujours avec le nouveau , c'est-à-dire avec celui qui était en exercice , soit pour le choix des pasteurs , soit pour l'examen des affaires qui sortaient de l'ordre ordinaire et commun. — A lui seul, en effet, appartenait l'élection des pasteurs ; pour y procéder , il envoyait une députation aux magistrats et aux consuls , afin de les réunir en assemblée extraordinaire , nommée assemblée mixte des trois corps, parce qu'elle était composée du corps des magistrats, de celui des consuls, et de celui du consistoire vieux et nouveau. Le modérateur attirait l'attention de la compagnie sur le besoin qu'avait l'Eglise d'un pasteur nouveau ; alors on le choisissait parmi les ministres connus ou bien recommandés , et on réclamait sa confirmation au synode provincial , soit par lettre , soit par députation.

Les pasteurs étaient de deux classes : les uns ordinaires et perpétuels ; les autres , par provision ou par prêt ; ces derniers n'exerçaient donc que

(1) Etudes sur le consulat, par M. de La Farelle.

62 HISTOIRE DE l'ÉGLISE RÉFORMÉE DE NIHDBS.

des fonctions temporaires : de ce nombre étaient *M6 toujours les professeurs de l'école de théologie.

Les services divins étaient au nombre de trois chaque dimanche ; le mercredi , il y avait aussi une prédication le matin , pendant laquelle les boutiques des marchands étaient fermées comme le dimanche, la circulation interdite dans les rues, et les portes de la ville cadenassées. — Pendant le reste de la semaine , il y avait une prière publique tous les soirs et un catéchisme le jeudi ; les pasteurs, à tour de rôle, étaient chargés de ces différents services , et celui qui chaque dimanche en commençait la série était appelé pasteur de semaine. Les fonds pour le traitement des pasteurs provenaient des cotisations imposées par les consuls à chaque famille, et détaillées en un livre long, nommé la tariffe.

Les jours de jeûne se célébraient avec la plus grande solennité. La veille des fêtes de Noël, de Pâques et de la Pentecôte , le consistoire se réunissait pour procéder aux censures. La conduite de tous ses membres , sans distinction, en y ajoutant les employés , était scrutée avec une rigoureuse impartialité. Après cela, on désignait les anciens qui devaient donner la coupe , les diacres qui devaient tenir les bassins aux portes , ceux qui devaient dresser les tables et celui à qui était dévolu le soin de recevoir les marreaux. Ce mot est vieux ; on ne le trouve que dans la première rédaction de la confession de foi , où il est dit à Tarticle 34 : «• Nous croyons que les sacrements sont conjoints à la Parole pour plus ample confirmation , afin de nous

Page 1