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W9 celte année-là pour la septième fois ; la plupart des soldats préposés à la garde moururent ; les trois premiers consuls abandonnèrent leur poste : Baltbazar Foumier seul, le quatrième d'entre eux (1), s'unit aux pasteurs pour porter secours aux pestiférés; Fun d'eux, Simon Campagnan, succomba après avoir exercé un ministère de douze années. Lorsque , quatre mois après , le fléau eut cessé de sévir, Damville (qui avait pris le nom de duc Montmorency, par suite de la mort de son frère aîné) vint à Nîmes pour y rétablir le siège judicial , dont les officiers avaient été dispersés par la contagion , et en même temps pour y faire exécuter les articles du traité explicatif de la paix de Nérac , qui avait été signée entre la reine mère et le roi de Navarre ; malgré qu'il aboutit à une interprétation plus large des traités de Bergerac et de Poitiers, et à des concessions plus favorables aux calvinistes , il ne contenta personne, et la septième guerre de reli-
580 gion commença dans le mois de février 1580. Elle fut appelée la guerre des amoureux, et ne fut terminée qu'en novembre , par la signature du traité de paix conclu au château de Fleix, en Périgord.
Ce fut encore le duc de Montmorency, commis parle duc d'Anjou, accompagné du vicomte de Turenne , délégué par le roi de Navarre , qui vinrent à Nîmes porter les dispositifs de ce nouveau traité. Sur leur invitation, toutes les Eglises du .Languedoc envoyèrent des députés, auxquels ils
(1) Celui qui a laissé un journal sur les ëvùncments de Nîmes , rapporte par Ménai-d.
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donnèrent connaissance des motifs qui avaient *8 engagé Henri de Bourbon à faire des démarches pour la cessation de la guerre , et en même temps du désir qu'il avait de les voir concourir eux-mêmes à la consommation de cette importante affaire (4). Tous les députés ayant accédé d'un commun accord à ces propositions honorables, il fut aussitôt décidé que , pour entretenir la concorde entre les membres de l'une et de l'autre religion , les consuls de la ville se transporteraient le lendemain , 4 avril 1581 , *J chez l'évêque Raymond Gavalési et chez le jugemage Jean de Montcalm , pour les inviter à s'assembler au plus tôt avec les prêtres et les catholiques d'une part, et avec les pasteurs et les protestants de l'autre, soit dans la cour du sénéchal, soit dans celle de l'hôtel de ville, à leur choix , pour prêter ensemble un serment d'union et une promesse d'obéissance aux quarante -sept articles de l'édit. Ce qui se fit avec solennité et à la satisfaction générale (2).
Les premiers instants de repos que cette réconciliation fit régner à Nîmes furent consacrés à la révision des statuts de l'université et du collège des Arts , dont les fléaux de la guerre et de la peste avaient affaibli la discipline et les études. Jean de Serres fut chargé de ce travail ; il le fit en latin , à la manière et dans le style de la loi des douze tables. Les expressions en sont si pures , les tournures de phrases si élégantes , qu'on y trouve une preuve
(1) Mënard, t. V, p. 195.
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8* incontestable qu'il était aussi versé dans les sciences humaines que dans les systèmes philosophiques (1).
sa Après que Tannée de son rectorat fut finie, il reçut vocation de l'Eglise pour remplacer, en qualité de pasteur ordinaire, de Saint-Ferréol qui, après un séjour de six ans, venait d'être rappelé par sa province, qui était celle du Dauphiné, et, peu de temps après sa confirmation par le colloque , il fut envoyé en députation , avec André Daiguillonnet, au douzième synode national qui se tint, le 16 mai 1583, à Vitré, en Bretagne, sous la présidence de Pierre Merlin (2).
A cette époque le roi de Navarre était le chef et le protecteur des réformés de France ; il avait auprès de lui, à Nérac, outre Philippe de Mornay, seigneur du Plessis-Marly , qui était son ami le plus sincère, des députés de toutes les Eglises. Celle de Nimes, sur sa demande, lui envoya le sien; cela était d'autant plus nécessaire qu'après la mort du
84 duc d'Anjou , arrivée le 10 février 4584, qui fit du roi de Navarre l'héritier présomptif de la couronne, les affaires politiques de la province se compliquèrent par suite de la rupture qui éclata entre le duc de Montmorency qui soutint les droits de ce prince, et Joyeuse qui s'associa à la Ligue pour faire valoir ceux du cardinal de Bourbon, oncle paternel de
(i) Academia nemausensis Uges, etc. Méaard, t. V.
(S) Le dixième synode national s*était réuni à Figeac, le 8 août 1579, soos la présidence de Lafaye , pasteur à Paris. — Le onzième avait eu lieu à La Rochelle, le 28 juin 1581 , et avait eu pour modérateur de Nort, pasteur de cette ville.
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Henri. Les protestants nimois embrassèrent natu- 4IH rellement le parti du premier, et, pour se défendre contre les attaques des troupes de Savoie envoyées au secours des ligueurs, auxquelles Lyon avait ouvert ses portes , entre autres mesures urgentes , ils chargèrent Jean de Serres de faire une provision de poudre et de salpêtre aussi considérable qu'il le pourrait.
La huitième guerre religieuse éclata au mois de 45! mars 4585, et dura jusqu'au mois de juillet ; dans cet intervalle les catholiques d'Alais, de Marseille , et d'autres villes encore , massacrèrent inhumainement leurs concitoyens réformés ; les pasteurs de Nîmes, au lieu d'exciter leurs coreligionnaires à des représailles motivées par ces actes odieux, les rassemblèrent et les exhortèrent au contraire à considérer que le vrai remède à tous ces malheurs était de vaincre leurs ennemis , non point en rendant le mal pour le mal, mais en surmontant le mal par le bien; et que, dès-lors, il fallait que, dans une ville où ils étaient les plus forts à cause de leur nombre , ils s'abstinssent de toute violence contre les catholiques leurs concitoyens, et qu'ils se maintinssent les uns et les autres dans la protection réciproque de leurs vies, de leurs biens, de leur honneur, et de leur repos (4).
A ces causes d'agitation générale s'en joignit bientôt une particulière qui occupa vivement le consistoire. Jacques de Chambrun, en effet, fut décrété de prise de corps par le parlement de Tou-
(1) Méuard, t. IV, p. 227.