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* louse , pour avoir fait imprimer un livre contre les jésuites et le sénéchal de Béziers qui enrôlait secrètement la jeunesse pour le compte des ligueurs. L'affaire était grave par les conséquences qu'elle pouvait entraîner pour la tranquillité du pays ; aussi les deux consistoires , vieux et nouveau, s'assemblèrent-ils avec les magistrats et autres personnes notables pour en délibérer. La compagnie fut d'avis d'embrasser cette cause comme la sienne propre , et d'en prendre toute la responsabilité devant les tribunaux. Cette décision fut prise contre le vœu du pasteur incriminé qui , pour ne pas attirer de nouveaux malheurs sur son Eglise , offrit généreusement de se démettre de ses fonctions ; mais sa proposition ne fut pas acceptée , et cette manifestation énergique de consolidante chrétienne suffit seule pour arrêter les poursuites (1).
Pourtant l'édit de Nemours venait d'être publié le 7 juillet; et comme il avait pour but de conjurer les menaces de la Ligue en ôtant aux réformés , non-seulement l'exercice public de leur religion , mais encore la liberté de conscience , il ordonnait à tous les ministres de sortir du royaume dans le délai d'un mois, et à tous les calvinistes d'abjurer ou d'émigrer au bout de six mois , sous peine de confiscation des biens et de mort. Le terme fut même réduit à quinze jours, par un second édit du 43 avril de l'année suivante , comme si on eût voulu ôter à ces abjurations jusqu'à l'apparence de la bonne foi. Mais Henri III, que les vices avaient
(1} Reg. du consist. Délib. du 27 février 1585.
92 HISTOIRE DE l'AGLISE RfiFORMËE DE IflHBS.
plongé dans une honteuse et lâche indolence , fai- ^^ blit bientôt en face de ces rigueurs inouïes , et fut le premier à renoncer à leur application , ce qui fut cause que le pape Sixte-Quint fulmina contre les Bourbons une excommunication que vingt-cinq cardinaux signèrent avec lui.
Tous ces conflits eurent pour effet de propager , <M parmi le peuple , la licence et le dérèglement des mœurs. En 1586, la population était si corrompue à Nimes , que le consistoire pria les consuls de faire une ordonnance de police pour rétablir l'ordre et la décence. Elle fut publiée le l^r août, et défendait à toute personne, de quelque état, qualité ou condition qu'elle fût : — de jurer, blasphémer, renier, maudire et profaner le saint nom de Dieu ; — de tenir aucun brelan chez soi , ni aucun autre jeu de cartes ou de dés , ni d'aller jouer ailleurs ; — de sortir de nuit sans porter une lanterne ; — de manger et boire aux cabarets et tavernes ; — après cela elle faisait inhibition aux étrangers vagabonds de demeurer plus longtemps dans la ville.
Cette année avait commencé par un deuil dans l'Eglise. Claude de FalgueroUes , après un ministère de onze ans , s'était endormi au Seigneur à la fin du mois d'avril, après avoir assisté, le 6 mars, à la consécration du proposant Nissole , qui le remplaça pendant sa maladie. Le consistoire vieux et nouveau s'étant assemblé avec les magistrats et les consuls, cette réunion mixte décida qu'une somme d'argent serait assignée aux enfants du pasteur défunt, pour pourvoir à leur éducation, et choisit pour le remplacer Jean Moynier, pasteur à
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W6 Marvejols , qui , après avoir fait ses études dans Tacadémie de Nîmes, avait reçu Timposition des mains de Viret , le 23 décembre 1 564 .