‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 43 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Jean Moynier. — Procès de Jean de Serres. — Jean de FalgueroUes fils.

Par suite de la neuvième guerre de religion, dite des trois Henri , qui avait commencé à la suite de la publication du traité de Nemours , et qui ne finit que le 26 avril 1589 , l'amiral duc de Joyeuse, fils du maréchal de ce nom , avait conduit une armée considérable dans le Gévaudan , qui avait ravagé l'Eglise de Marvejols et dispersé ses membres ; aussi, lorsque Jean Moynier arriva à Nîmes le 15 septembre 1586, le consistoire fut obligé de lui fournir des habits pour se vêtir décemment, de l'argent pour alimenter sa famille, et une robe pastorale pour exercer ses fonctions. Il le logea chez la veuve FalgueroUes, née Jeanne de Verchaut, et le 21 du même mois il fut installé en présence de l'assemblée mixte des trois corps , attendu qu'il était libre par la perte et la dispersion de son Eglise , avec la condition cependant qu'il y retournerait, si le Seigneur daignait la rétablir;

9i HISTOIBE DB l'ÊGLISB BÂPOBMÊB DB miBS.

celte clause fut ratifiée par le synode de Saint- <3 Etienne, le 10 avril 1587.

Beaucoup de fidèles de Marvejols avaient suivi leur pasteur à Nîmes , et comme ils avaient perdu tout ce qu'ils possédaient , ils y furent accueillis comme des frères malheureux, victimes de leur fidélité à l'Evangile. Une collecte à domicile fut faite en leur faveur, et le consistoire décida que pour en distribuer le produit avec justesse , les surveillants en dresseraient un rôle exact. Il recommanda de plus ceux d'entre eux qui étaient malades à la sollicitude des consuls , pour les placer dans les hôpitaux ; il pouvait d'autant mieux le faire , qu'un mois auparavant il leur avait cédé un legs, de feu Guillaume Rozel, de la somme de cinq cents livres , pour bâtir un asile pour les infirmes et les vieillards.

A peine Moynier fut-il entré en fonctions , que Jean de Serres , qui s'était déjà plaint à plusieurs reprises que les devoirs multipliés de son ministère épuisaient ses forces et détruisaient sa santé , demanda un congé illimité, offrant de mettre pendant ce temps un pasteur par provision à sa place et à ses frais. Le consistoire « laissa à sa discrétion le droit de se conduire selon les occurrences , et comme il verrait être expédient pour la disposition de sa personne et de ses affaires de famille. * Avant de partir il voulut payer un tribut de reconnaissance à la mémoire de son collègue défunt, de FalgueroUes père; son fils Pierre, que le consistoire entretenait aux études , étant mort à son tour, il demanda à ce corps de lui substituer

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