‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 46 sur 227 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

'589 que, vu le nombre considérable de ses membres, il ne pouvait pas l'entretenir à Nîmes avec ses modiques appointements. Mais cette démission ne fut point acceptée par ce corps, qui envoya deux députés au synode d'Anduze, auquel de Serres en avait appelé, pour représenter à cette compagnie le tort que le départ de ce pasteur ferait à son Eglise. Le synode, après les avoir ouïs, décida aussitôt : — que de Serres serait tenu de faire venir sa femme et ses enfants à Nîmes ; — qu'il renoncerait à sa demande d'obtenir la liberté de se retirer; — et que les consuls seraient priés de subvenir aux frais et dépenses qu'il avait déjà Eaites. L'absence de Jacques de Chambrun et la maladie de Moynier rendirent cette délibération indispensable, à laquelle de Serres ne voulut pas malgré cela se soumettre; car non-seulement Une fit pas revenir sa famille , mais encore il persista à demander sa démission, que le consistoire dut alors forcément accepter.

Quoique, dans le premier acte d'autorité royale fait par Henri IV, le 4 août, il eût juré « de maintenir et conserver en son royaume la religion catholique, apostolique et romaine en son entier , sans y innover ni changer aucune chose , » et qu'il eût ajouté « qu'il était prêt et ne désirait rien davantage que d'être instruit par un bon, légitime et libre concile général et national, qu'il convoquerait dans six mois, ou plutôt s'il était possible, » cela n'empêcha pas que le duc de Mayenne, qui prit le titre de lieutenant du royaume et du conseil général de l'union pour

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réunir tous les Français à la défense de la religion *î catholique , ne fît proclamer, sous le nom de Charles X , le vieux cardinal de Bourbon , qui avait été précédemment arrêté à Blois par Henri III , et qui était alors prisonnier, à Tours, de son neveu Henri IV.

La ville de Nîmes, à l'exemple d'un grand nombre de princes , ducs et pairs , se soumit avec autant d'empressement que de joie à l'autorité d'un roi légitime , dont l'avènement au trône lui faisait concevoir l'espérance de voir dominer la Réforme dans le royaume, comme elle dominait dans son enceinte; ce qui parut un moment la justifier, c'est que le duc de Montmorency fut confirmé dans sa place de gouverneur du Languedoc.

Mais les affaires de l'Eglise, au lieu de devenir meilleures, ne tardèrent pas au contraire à être compromises. Et ce qui augmenta encore le découragement, dans lequel cette déception plongea les âmes, fut l'invasion de la peste, qui vint exercer ses ravages à Nîmes pour la huitième fois.

Lorsqu'elle eut cessé, il devint nécessaire de 4 convoquer un synode provincial; les députés qui le composèrent furent si nombreux , que le consistoire, dans sa séance du 10 avril 1590, délibéra de prier les familles dans l'aisance de leur offrir l'hospitalité; ils se joignirent à l'assemblée mixte des trois corps, pour adresser au duc de Montmorency des plaintes sur des actes d'intolérance qui s'étaient exercés à Montagnac et à Béziers, au sujet du baptême d'un enfant, du chant des psaumes et d'un enterrement. Le duc, quoique affectionné aux protestants, garda un prudent silence, ce qui dé-

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